IMC, troubles cognitifs, TSA… Votre enfant handicapé aime l’école et déploie des trésors d’énergie pour s’en sortir mais s’emmêle les pinceaux, laisse s’échapper ses connaissances et s’agite malgré lui au lieu de se concentrer. Les troubles de la mémoire, de l’attention et de l’organisation sont un frein aux apprentissages. Aidons-le !

Handicap et troubles de la mémoire : il ne retient pas les infos

Troubles de la mémoire handicap : d’où vient le problème ?

La mémoire à court terme (dite mémoire de travail). Elle per­met de retenir des informations un bref instant et de les traiter. Elle est sollicitée dans le calcul mental, l’ap­prentissage de la lecture, etc. Un large spectre de pathologies est concerné : IMC, handicap mental, troubles cognitifs (dysphasie, troubles du lan­gage), TSA (troubles du spectre autistique).

La mémoire à long terme (trouble amnésique). Elle per­met de stocker les informations de plusieurs heures à plusieurs années et conserve nos souvenirs et nos connaissances. Elle rend possible, par exemple, la mémorisation d’une leçon. Elle est souvent atteinte chez les enfants porteurs d’une lésion céré­brale (IMC, traumatisme crânien) ou chez les enfants atteints d’un handi­cap mental.

Enfant handicapé : comment lutter contre les troubles de mémoire ?

- Demander la réalisation d’un bilan neuropsychologique, avec un test psychométrique et des tests spé­cifiques (CMS : échelle clinique de mémoire pour enfants, qui vise à évaluer les différentes composantes de la mémoire).

L’idée : identifier l’origine du trouble de la mémoire, et dissocier parfois trouble de la mémoire et de la concentration. Est-ce réellement un problème de mémoire ou est-ce lié à un déficit d’attention ? Quel est le type de mémoire qui dysfonctionne ?

- Vérifier que l’école :

  • propose à votre enfant handicapé des outils métho­dologiques mémoire pour le soulager : tables de multiplications, abécé­daire, tableaux de conjugaisons, pictogrammes ;
  • reformule les consignes ou les sim­plifie, les raccourcit, les scinde ou retire des questions ;
  • surligne les mots clés dans l’énoncé d’un problème ou d’un exercice pour que votre enfant sache sur quoi concen­trer sa réflexion.

- Utiliser avec votre enfant un agenda où consigner les anniversaires, les dates de rendez-vous médicaux via des photos ou des illustrations. Cet outil aura un rôle de « médiateur » pour le questionner sur les événements de sa vie, stimuler la mémoire épisodique (composante de la mémoire qui concerne les événements autobiographiques), se projeter dans un avenir proche.

 

Handicap, problèmes de concentration : un rien le dissipe

Problèmes de concentration : d’où vient le problème ?

  • Les troubles de la régulation et du traitement sensoriel

On les retrouve souvent chez les enfants porteurs de troubles sensori-moteurs ou de troubles cognitifs (IMC, autisme, polyhandicap, dyspraxie).

  • Les troubles déficitaires de l’attention avec ou sans hyperactivité (TDAH)

Pathologie d’origine neurologique, les TDAH se caractérisent par l’inatten­tion, l’impulsivité et l’hyperactivité, et apparaissent généralement avant l’âge de 5 ans.

Lutter contre les troubles de l'attention Ce que vous pouvez faire : proprioception, sollicitations vestibulaires…

- Tenter de déterminer ce qui dissipe l’attention de votre enfant handicapé, mais aussi ce qui permet de la maintenir. Cer­tains enfants handicapés ont besoin de beaucoup bouger, de se lever, de se frotter les cuisses. Ils ont besoin de sollicitations vestibulaires et de stimulations proprioceptives (liées aux postures et aux mouvements) pour rester au niveau optimum de l’éveil. D’autres enfants, en revanche, ont besoin de pauses régulières dans un coin sombre et calme pour se reposer.

- Créer à l’école et à la maison lors des devoirs un cadre de travail propice à la concentration : en retirant de la table tout ce qui est inutile, en créant un espace de travail dédié, à l’aide d’un set de table par exemple.

- Ne pas surcharger les murs pour que son regard ne soit pas attiré par les in­formations qui pourraient s’y trouver. À l’école, vous pouvez demander à ce que votre enfant soit placé dans les premiers rangs pour que le son de la voix lui arrive directement.

- Travailler sur l’attention sélective visuelle et soutenue peut être un bon exercice pour les troubles de l'attention : demandez-lui de chercher simul­tanément deux éléments distincts dans un dessin (un chat jaune et un chien rouge) et augmentez progres­sivement le nombre de sollicitations visuelles ainsi que le temps d’atten­tion demandé.

- Complexifier la tâche en mettant une musique de fond pour que votre en­fant s’entraîne à en faire abstraction et à rester concentré sur la tâche demandée.

 

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