Votre enfant bénéficie d’une aide humaine pendant le temps de classe, afin de l’aider à avancer à l’école malgré son handicap. Mais lorsqu’il est à la cantine, ou pendant les temps périscolaires, comment peut se passer l’accompagnement ? Qui pourrait prendre en charge cette aide humaine ?

L’AESH peut-elle accompagner mon enfant hors temps scolaire ?

Oui. Les AESH, ex AVS, ont pour mission d’accompagner l’enfant porteur de handicap pendant les heures de classe mais aussi pendant les temps périscolaires (cantine, garderie et temps d’activités quotidiennes, appelées TAP dans certaines communes). Cela figure dans une circulaire de 2003 de l’Education nationale. Vous pouvez donc faire inscrire, lors de la demande d’aide humaine auprès de la MDPH, le besoin d’accompagnement pendant les temps périscolaires. La seule interdiction faite aux AESH est d’intervenir au domicile de l’enfant !

(Attention, ce n’est pas la même chose pour l’accueil des enfants avec handicap les mercredis après-midi ou au centre de loisirs, qui relèvent du temps extrascolaire. Ceux-ci sont de la responsabilité des mairies).

Comment avoir une AESH pour la cantine ?

Il faut en faire la demande à la MDPH, afin qu’elle mentionne ce besoin d’accompagnement pour la cantine dans la notification de votre enfant. Pour les temps extrascolaires comme le mercredi après-midi au centre de loisirs, n’hésitez pas à voir directement avec la municipalité, qui en est responsable.

Cantine, périscolaire : qui prend en charge l’accompagnement ?

La question est épineuse. Elle est même remontée aux plus hautes juridictions ! Le Conseil d’Etat a statué il y a 8 ans que c’est à l’Etat, et donc à l’Education nationale, de financer les AESH durant la pause méridienne, autrement dit pour la cantine. Pourtant le message ne passe pas bien partout : « La directrice de l’école nous a d’abord annoncé avant la rentrée : ‘Pas d’AVS, pas de cantine’ se souvient Cyrielle, maman de Zoé, porteuse de trisomie 21. Notre fille ne se débrouillait pas encore assez bien pour manger seule. Nous avions prévu de demander à la mairie ce qu’il était possible de faire. La Ville a devancé notre question, en nous annonçant qu’ils proposeraient à l’AVS un contrat supplémentaire d’une heure chaque midi en tant que personnel accompagnant sur le temps de cantine. Cela nous a soulagés. Mais je me demande comment font ceux dont les communes n’ont pas les moyens ou la volonté ».

Bon à savoir : si vous rencontrez ce genre d’objection pour la cantine comme pour le périscolaire, la CAF propose aux communes des aides financières pour accompagner les enfants porteurs de handicap (un animateur supplémentaire, par exemple). Et le ministère de l’Education nationale a mis en place un « Plan mercredi »  pour les villes qui souhaitent développer un « accueil périscolaire et extrascolaire de qualité pour les enfants porteurs de handicap ». On y retrouve ces aides.

L’AESH peut-elle accompagner les sorties et voyages scolaires ?

Participer à la vie de la classe, par les sorties et les voyages est un droit pour l’enfant porteur de handicap.

  • Pour les sorties scolaires, la question est simple : c’est du temps scolaire et l’AESH peut l’accompagner, y compris à la piscine.
  • Pour les voyages, ce peut être très compliqué, comme le raconte Sandra, maman de Cécile, 10 ans et autiste. « Ma fille devait partir trois jours à la fin de l’année. Sauf que son AVS n'accompagnera pas. Ses raisons la regardent, mais sachant que les nuits et soirées ne leur sont pas payées et que c'est donc du "bénévolat", je la comprends. Mais sans AVS, impossible de laisser ma fille y aller, pour des raisons évidentes de sécurité et de bien-être, pour elle comme pour les autres. J’ai cherché désespérément une solution. J’ai fini par trouver une amie disponible pour garder mon fils, et proposer d’accompagner moi-même le voyage. Soulagée pour ma fille, j'ai appelé la maîtresse : "impossible". Pour éviter des histoires entre les parents, ce sont des profs à la retraite qui accompagnent. Recherche d'un plan B. J'ai appelé la MDPH, en me disant qu’il y avait sûrement des solutions pour ce genre de cas. Réponse : "Non. Vous pouvez embaucher une personne ".  Impossible financièrement. Résultat : j’ai dû choisir entre laisser ma fille partir sans accompagnement ou la garder. Elle ne partira pas. »  

Certaines AVS sont volontaires pour accompagner les voyages, mais il faut bien garder en tête que nuits et soirées ne leur sont pas rémunérés (et dans certains départements, l’inspection académique l’interdit). Le parent peut se proposer, ou un accompagnateur de son choix. Certains Sessad et service de soins proposent aussi qu’un professionnel qui connait l’enfant l’accompagne. Tout est à discuter au cas par cas avec l’équipe pédagogique.

 

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