Le gouvernement promet, dès septembre 2019, des changements pour les enfants avec handicap scolarisés en milieu ordinaire. A quoi s’attendre en matière de handicap et éducation ? Hizy passe en revue les nouveautés annoncées.

La promesse de la rentrée scolaire 2019 : la création de PIAL

Pour faire face à l’augmentation des enfants en situation de handicap qui vont à l’école (340 000 en 2018 contre 118 000 en 2006, dont 177 000 avec une notification d’aide d’humaine), le Gouvernement met en place une nouvelle organisation. Les Pôles inclusifs d’accompagnements localisés ou Pial. Le principe ? « Une coordination des moyens d’accompagnement humains au sein de l’établissement (école, EPLE), de la circonscription et parfois interdegrés, au plus près des besoins des élèves », selon le ministère de l’Education nationale. Plus concrètement, cela signifie que c’est au niveau de l’établissement (école, collège, lycée) que sera organisé l’emploi du temps des AESH (les ex-AVS), et non plus au niveau du rectorat. La promesse : plus de souplesse, plus de réactivité, plus d’efficacité et une meilleure organisation. Les Pial vont de pair avec une généralisation annoncée des AVS mutualisées, les AVS individuelles devenant l’exception.

Les questions autour des Pial :

  • Les Pial sont expérimentés depuis la rentrée 2018 dans 15 académies. Mais il est très difficile d’avoir des retours d’expérience. Beaucoup de questions restent donc en suspens pour les familles comme pour les AESH. (« Mi-avril, nous n’avons encore jamais entendu parler de ces Pial au niveau de notre école, aucune idée de comment ça va se passer », confie par ailleurs une enseignante en élémentaire à Paris). 
  • Si c’est le chef d’établissement qui coordonne le Pial, est-ce lui qui décidera du nombre d’heures qu’une AESH mutualisée passe avec chaque enfant? Mais sur quels critères ? Ce planning AESH sera-t-il fait en concertation avec les parents, selon les besoins de l’enfant ? Et puis, qu’en est-il de la charge de travail supplémentaire pour les directrices et directeurs ?
  • Du côté des AESH, cette nouveauté ne passe pas très bien. La création des Pial ne dit rien de possibles recrutements – or le métier manque de candidats. On s’inquiète aussi que la « mutualisation » des besoins devienne un simple « partage » du temps de travail de l’AESH entre les différents enfants accompagnés de l’école.
 

La promesse : Fin des AVS et contrats plus stables pour les AESH

Jusqu’à aujourd’hui, les personnes qui accompagnaient en classe les élèves en situation de handicap étaient soient des AVS (auxiliaires de vie scolaire) soit des AESH (Accompagnant d’élève en situation de handicap). La différence entre les deux : les AVS étaient en contrat aidé, des contrats courts et précaires, qui ont été supprimés. A la rentrée 2019, tous les accompagnants seront des AESH, avec des contrats de 3 ans renouvelables une fois, avec à la clef un CDI possible. C’est une amélioration de statut pour un métier qui souffre de sa précarité et du manque de reconnaissance.

Les questions autour du métier d’AESH

Le métier d’AESH reste peu valorisé : cela suffira-t-il à le rendre attractif et à recruter? Le contrat AESH de 3 ans renouvelables n’est toujours pas un CDI ou un contrat de la fonction publique. Ce sont toujours des contrats à temps partiel (24 h maximum) dont le salaire culmine entre 700 et 900 € par mois. Les collectifs d’AESH ne se disent pas satisfait de ce nouveau statut qui reste précaire (il faut toujours six ans avant d’être en CDI), et surtout ne permet pas de travail à temps complet.

La promesse : Une pleine reconnaissance du rôle des AESH

La concertation « Ensemble pour une école inclusive » l’a prévu : dès cette rentrée scolaire, les AESH doivent pouvoir participer aux ESS (équipes de suivi de scolarité) avec parents et enseignants. Ils bénéficieront de 60 heures de formation.

Les questions autour de la reconnaissance du rôle des AESH

Les 60 heures de formation annoncées existent déjà pour les AVS et AESH. Il s’agit de temps de formation continues « parcellaires et proposées soit sur le temps de présence avec l’enfant, soit sur le temps non travaillé » souligne Sabine, AESH depuis dix ans. Y aura-t-il vraiment des nouveautés ? Il n’est toujours pas prévu de formation spécifique sur le handicap des enfants à accompagner, ou même de rencontre avec la famille quelques jours avant la rentrée par exemple. Et selon les établissements, les accompagnants pouvaient déjà être présents lors des ESS.

 

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