Vous avez besoin d’être aidés dans les gestes de la vie quotidienne. Si vous avez plus de 60 ans, vous pouvez percevoir l’allocation personnalisée d’autonomie (APA). Sachant que le montant de l’allocation repose sur l’évaluation de votre perte d’autonomie, comment bien faire évaluer vos besoins d’aide ? 

Qui évalue la demande d’APA ?

Le degré de perte d’autonomie du bénéficiaire pour la demande d'allocation personnalisée d'autonomie (APA) est évalué par une équipe de professionnels médico-sociaux, infirmières, médecins ou ergothérapeutes, assistantes sociales, rattachés au conseil départemental. Ces professionnels s’appuient en premier lieu sur un certificat médical.

Demande d’APA : un certificat médical est indispensable

C’est le plus souvent une pièce obligatoire du dossier de demande d’APA. Cependant, même lorsque ce n’est pas le cas, Emile Galano, médecin en gériatrie, recommande vivement de joindre un certificat établi par le médecin traitant, ou par un spécialiste qui connaît bien le patient (médecin de MPR - médecine physique et de réadaptation -, gériatre, neurologue, par exemple) » En effet, il est la personne la mieux placée pour évaluer les incapacités de son patient. 

Parfois, ce certificat suffit à l’évaluation, mais le plus souvent l’un (deux au plus) des professionnels de l’équipe médico-sociale se rendra chez vous. « Il faut envisager cette visite comme une opportunité pour obtenir des aides en fonction de son état », poursuit Emilie Galano.

Que faire durant la visite pour bien faire évaluer ses besoins ?

1.Parler de l’aide que vous avez déjà organisée tant bien que mal autour de vous

C’est indispensable d’informer l’évaluateur si une aide vous est déjà apportée pour votre maintien à domicile. Si un proche vous accompagne pour les soins corporels, cela veut dire que vous avez besoin d'une aide à la toilette. En ce sens, il faut dire lorsque vous êtes obligés de faire appel à une aide extérieure, même minime, pour finaliser une tâche.

Lorsque l’évaluatrice voit votre logement bien tenu, elle peut penser que tout va bien, alors que vous aviez demandé pour l’occasion un coup de main à une voisine. Aussi, si un voisin fait souvent les courses ou si une aide à domicile fait le ménage, il faut le dire afin que vos besoins soient pris en compte.

2.Préciser les raisons qui vous empêchent de réaliser une activité

Le professionnel évalue ce qui ne peut pas être réalisé en autonomie, ainsi que les activités réalisées de manière incomplète ou de manière non spontané, c’est-à-dire nécessitant un guidage verbal ou une stimulation. Plutôt que de dire par exemple, je ne me sers pas facilement, il vaut mieux préciser les gestes que vous ne pouvez pas réaliser : couper er la viande, réchauffer et ouvrir les barquettes du portage de repas à domicile

Si une personne dit qu’elle n’arrive pas toujours à se faire à manger », l’évaluateur peut penser que le plus souvent elle le fait et qu’il n’y a pas un réel besoin d’aide pour cette activité. Il vaut mieux donner des cas concrets de ce qui est arrivé à cause du handicap ou des problèmes de santé. Le fait par exemple, qu’une personne dont la vue diminue fasse tomber ses plats révèle ses difficultés à faire à manger et de surcroit à se servir.

3.Montrer les difficultés que vous contournez pour vous adapter au manque d’aide

Devant un évaluateur, il est fréquent de minimiser sa perte d’autonomie. « Cependant, banaliser des manquements au quotidien fausse l’évaluation et conduit à diminuer les aides », explique Catherine Dormoy, cadre socio-éducatif au centre hospitalier de la Rochelle. Elle ajoute que lorsqu’on arrive à surmonter une difficulté, on finit par ne plus la considérer comme une difficulté. Par exemple, choisir des vêtements qui ne s’enfilent pas par la tête, ou des chaussures sans renforts, est une façon de contourner la difficulté de s’habiller, dont il faut informer l’évaluateur.

4. Parler des prises de risques que vous êtes obligé de prendre

L’évaluateur ne peut pas forcément se rendre compte, que tel ou tel geste est risqué. Il s’agit de donner des cas concrets de ce qui est arrivé. Omettre de parler des chutes en essayant de se lever, ou en se déplaçant, peut le conduire à noter qu’il n’y a pas besoin d’aide pour changer de position.

Les incidents peuvent paraitre anodins, comme une assiette garnie qui tombe parce qu’on n’arrive pas à la porter. Cependant, lorsqu’ils se produisent anormalement, ils illustrent une difficulté qui révèle un besoin dont l’évaluateur tiendra compte.

Qui peut être présent lors de la visite de demande d’APA ?

Être accompagné rassure, permet se sentir plus à l’aise et capable de parler de soi. Lors de la visite, vous pouvez être entourés par la personne que vous voulez : un proche qui connait vos difficultés quotidiennes, l’aidante professionnelle qui travaille déjà chez vous, et même par votre médecin.

 

Merci à :

  • Catherine Dormoy, cadre socio-éducatif au centre hospitalier de la Rochelle

  • Emilie Galano, médecin spécialiste en médecine physique et de réadaptation au sein de l’unité de rééducation et réadaptation neuro-locomotrices des personnes âgées du CHU de Nîmes

  • Sylvie Theurelle, animatrice à domicile auprès des personnes âgées

 

En savoir plus sur l’allocation personnalisée d’autonomie

Le degré de perte d’autonomie est mesuré à l’aide la grille AGGIR

Une fiche pratique pour demander l’APA

 

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