Vous avez embauché une auxiliaire de vie pour vous aider dans les gestes essentiels de la vie quotidienne. Il s’agit d’une professionnelle avec qui vous avez eu un bon contact et dont le contrat et le planning ont été établis. Cependant, vous restez préoccupés par sa première visite. Que lui dire, quelles sont les bonnes questions à lui poser ? Hizy fait le point pour vous.

Lorsque ¾ d’heure sont attribués pour un acte essentiel, tel que l’habillage et la toilette par exemple, rien ne dit comment l’aide à domicile sera apportée. C’est pourquoi, "avant que l'auxiliaire de vie commence son travail, il est indispensable de se mettre d'accord avec elle sur la façon dont elle vous aidera », recommande Jérôme Pélissier, psycho-sociologue et chercheur en gérontologie.

Comment adapter l’aide à domicile à mes besoins ?

Il vaut mieux prendre le temps de s’accorder, plutôt que de se faire aider de façon inadaptée. Aussi, détailler, activité par activité, vos besoins d’aide et la façon dont vous souhaitez que l’aide vous soit apportée, est la meilleure façon de demander à l’aidant professionnel comment il va y répondre.

  • Je me lave sous la douche, mais j'ai besoin d'aide pour mon shampoing. Est-ce possible que vous me laviez les cheveux au lavabo, avant la douche ?
  • Je n’ai pas de problème d'incontinence, mais cela peut arriver. Est-ce que vous vous seriez capable de m’aider, à me déshabiller, à me laver ?
  • Je mange lentement, mes plats refroidissent. Je n’arrive pas à réchauffer mon assiette. Est-ce que nous pourrions trouver une solution ?

 « Le manque de temps est souvent invoqué pour justifier, par exemple, une toilette inadaptée donnée par une auxiliaire de vie, explique Jérôme Pélissier. Cependant, il affirme que même si le temps est compté, l’aide peut être apportée dans le sens des habitudes de la personne aidée. »

Des gestes du quotidien en situation

Il est souvent plus facile de s’accorder sur une série de gestes en la réalisant. Lorsqu’elles sont expliquées dans la cuisine, les difficultés pour accéder ou se saisir des objets sont mieux comprises, explique Elodie Verneuil, assistante sociale, qui conseille vivement une mise en situation, notamment à la salle de bain, et ce d’autant plus lorsque des transferts sont nécessaires.

  •  Je ne peux pas ouvrir le robinet, mais je me lave pour l’essentiel moi-même. Aussi je ne peux pas essorer mon gant. Pourrez-vous prendre le temps de le faire pour moi ?
  • Le plus souvent, je me lave au gant le haut du corps dans mon fauteuil. Ensuite, j’ai besoin d’aide pour adopter la position qui me permet de poursuivre ma toilette. Les pieds et le dos, je n’y arrive pas. Peut-on faire un essai ?
  • J’ai besoin d’aide pour accéder à la douche ou pour m’asseoir sur le siège. En revanche, je souhaite prendre ma douche dans l’intimité. Comment pouvons-nous nous organiser ?

Ecrire ce qui a été décidé avec l’auxiliaire de vie 

L’aidé et l’aidant peuvent faire le choix d’écrire. Jérôme Pélissier conseille d’établir une fiche par activité en fonction des besoins de la personne et des possibilités de l’AVS, qui rend compte de ce qui doit être fait et de quelle façon. Aussi, ces fiches sont un bon moyen d’informer les remplaçantes.

Cependant, il recommande vivement de rédiger les fiches avec la professionnelle, en tenant compte de ses compétences et du temps imparti.

Informer de ses habitudes

« La mission de l’auxiliaire de vie est que les personnes aidées aillent le mieux possible. Aussi, elles veillent à la santé, notamment à l’alimentation, à l'hygiène corporelle, au moral des personnes qu’elles accompagnent. Aussi, elles peuvent parfois vouloir faire votre bien à votre place. Sachez que ceci va à l’encontre de leur mission d’auxiliaire de vie

Elodie Verneuil conseille, par exemple, de « leur expliquer dès le départ que comme tout le monde il vous arrive de ne pas ne pas avoir faim, de ne vouloir manger qu’une soupe ou un paquet de chips, ou de rester au lit, de ne pas vouloir faire grand-chose. Elles se rappelleront que vous leur en aviez parlé, le cas échéant. Elles seront moins inquiètes et vous laisseront tranquilles. »

Avant la rencontre avec l’AVS, faire le point avec un tiers

Dire, dès le premier rendez-vous avec l’aidant, comment on souhaite être aidé n’est pas facile. « Pourtant, c’est obligatoire dès le départ pour construire une bonne relation d’aide, explique Elodie Verneuil. Aussi, elle conseille de s’entraîner avec un interlocuteur néophyte, quelqu’un de proche, mais qui ne vit pas au quotidien avec vous. Un enfant de passage, un bon voisin, une amie, qui pour comprendre l'aide dont vous avez besoin, devront vous poser des questions pratiques.»

Aussi, ce tiers peut être le médecin traitant, l’infirmière ou l’aidante professionnelle qui vient déjà à domicile. En effet, ils connaissent vos difficultés et peuvent vous aider à expliquer l’aide dont vous avez besoin.

Par ailleurs, les assistantes sociales sont des interlocuteurs à privilégier. Un entretien avec l’une d’elle est possible, au CCAS (Centre communale d’action sociale), à l’hôpital, au sein des complémentaires santé, des caisses de retraite et des assurances.

 

Merci à

  • Elodie Verneuil, assistance sociale. Elle partage son temps entre un hôpital jour parisien et une activité indépendante auprès des personnes âgées et / ou en situation de handicap.

  • Jérôme Pélissier, psycho-sociologue et chercheur en gérontologie. Il est co-auteur de Humanitude, réédité en 2019, Dunod

  • Samira Jahjah, auxiliaire de vie coordinatrice, au sein du groupe Vivadom à Nîmes.

 

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