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« Est-ce que je peux poser une question…. Je ne veux pas que tu te transformes en monstre ! »

Emilie Weight
par Emilie Weight
Blogger
Modifié 15 novembre 2017 13:25:17
Blog
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31 Octobre 2017 - « Est-ce que je peux poser une question…. Je ne veux pas que tu te transformes en monstre ! »

Parfait sujet d’halloween ! qui s’invite malheureusement bien plus souvent….

Le temps se fige.  Ses pupilles se dilatent.  Une tâche sombre souille son pantalon.  Il se crispe.  M’agrippe.  Ses yeux cherchent sans voir.  Il est terrorisé.  Déglutit péniblement.  Prononce dans un souffle « je ne veux pas que tu te transformes en monstre ! ».  Tousse.  Puis revient à lui comme on sort de la nuit.  Sonné et étourdi.  Il semble ne pas comprendre ce qui vient de lui arriver.  Il s’éveille d’une torpeur qui lui échappe alors qu’elle l’étreint tout entier.  Il balaie du regard ce qui l’entoure.   Encore inquiet.  Très perturbé.  Heureux de sentir ma présence.  Presque prêt à s’en passer car il redoute toutefois une seconde salve d’un mal qui l’assaille sans crier garde.

Mike a quatorze ans.  Cela fait maintenant six ans qu’il subit les assauts intempestifs de crises que nul ne sait qualifier.  Deux professeurs, responsables de services hospitaliers, s’y sont essayés.  Sans y croire dans un premier temps, il fallut leur montrer les vidéos des crises pour qu’ils s’y intéressent !  Durant deux ans d’affilé, les moindres épisodes furent conciliés pour tenter de déterminer un paterne.  De multiples électroencéphalogrammes, allant de plusieurs heures à quelques jours, ont échoués à capter ce phénomène paranormal qui refuse de se faire photographier. Nous avons fini par modifier son traitement antiépileptique !  Encore et toujours là, en sourdine pendant des mois, les crises reviennent inéluctablement le tracasser, nous alerter.  Il arrive, qu’en leur absence, pendant des semaines, nous nous prenions à espérer leur reddition… mais c’est bien souvent ce moment qu’elles choisissent pour frapper à nouveau, sans égard pour ceux qu’elles fauchent dans leur élan.

En effet, elles se manifestent toujours aux pires moments.  Lorsque Mike, prêt à prendre les transports en commun seul, se lance dans l’autonomie qui déterminera sa vie plus tard.  Quand confiants, nous l’accompagnons dans un cursus semi-scolaire dont il fait pourtant partie depuis un an et demi.  Devoir sans cesse recommencer la gestion de la diurèse.  S’inquiéter d’odeurs, de logistique, d’autonomie dans un cadre pourtant conquis.  Reculer sur des territoires durement acquis, mettant entre parenthèse une progression déjà lente vers un futur inéluctable vers lequel nous nous devons de l’accompagner avant de disparaitre…  Autant d’in-convenues toutes plus pénibles, bien qu’infimes au regard de ce qu’elles sont pour lui.

Comment rester sourde à ses appels ?  « Maman, faut me guérir ». « Je ne veux plus faire de crises ».  « Tu vas me trouver une solution »?  « Il faut m’aider ».  « J’en peux plus ».  « C’est dur Maman ».  « Je ne veux plus faire d’électroencéphalogrammes ».  « Promets-moi que je n’irais plus à l’hôpital ».  « Je ne veux plus de piqures ».  Comment lui dire que ceux qui savent, ceux qui décident, ceux qui contrôlent et ordonnent ; ceux-là même qui s’occupent de lui échouent à l’aider.  N’arrivent à trouver.  Cherchent sans comprendre ce qui les dépasse.  Ce qui leur échappe.  Parce qu’il faut accepter de douter pour inventer ce que nous ne saurions envisager !  Sans solution à échouer d’y croire.  Et pourtant, de constater l’effroi dans lequel le plonge ses crises, qu’aurions-nous à perdre d’essayer ?

Je me lance…  Se pourrait-il qu’il ne fasse que disjoncter ?  Se pourrait-il qu’un message se cache derrière ces manifestations intempestives semblant incohérentes ?  Se pourrait-il qu’au fond Mike sache la génèse d’un mal qui pousse son corps à nous dire « stop » ?  Serait-ce un trop plein ?  Si tel était le cas, quelle autre arme aurait-il que ce disjoncteur subtil qui freine le train sans l’arrêter, qui interpelle, qui intercède ?  Je me demande parfois si nous n’irions pas trop loin sans ça ?  Je connais notre propension à fuir l’immobile dans une course effrénée vers plus et mieux.  Sans raison.  Compulsivement.  Ne le perdrions nous pas, dans cette folie, si un mécanisme salutaire ne stoppait pas régulièrement nos élans, notre ardeur ?  Il me semble que ses crises naissent de notre démesure.  Si nous n’exagérions, est ce que son corps aurait à nous rappeler à la raison ?

Le remède serait alors de prévenir plutôt que de guérir.  Toutes nos tentatives inverses seraient, par conséquent, vouées à l’échec.  Pour lui, comme pour nous, pourquoi vouloir réparer quand il s’agit avant tout de ne pas casser !

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Ces crises seraient-elles des terreurs nocturnes? Les terreurs nocturnes peuvent survenir quand l’enfant est excessivement fatigué ou vit des changements dans son quotidien qui le rendent anxieux (séparation, déménagement, changement d'ecole, etc.) C'est du a une maturation trop lente du systeme nerveux et le trop plein s'exprime la nuit. C'est d'une violence parfois terrible et c'est incomprehensible pour ceux qui entourent L'Enfant... Just a thought...
Une hypothèse ...? Un phénomène paranormal...?Pourquoi , parallèlement aux médecins , ne pas consulter un "médium" , comme cette journaliste qui a écrit deux livres sur les relations avec l'au-delà ?

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