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« Est-ce que je peux poser une question…. Les murs de verre ! »

Emilie Weight
par Emilie Weight
Blogger
Modifié 26 juin 2018 13:50:38
Blog
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26 Juin 2018 - « Est-ce que je peux poser une question…. Les murs de verre ! »

Il arrive que des injustices criantes soient commises sous nos yeux sans que nous ne puissions rien y faire… ou si peu.  Des actes manqués.  Des maladresses tolérées parce qu’impossibles à maitriser et tellement difficiles à contrôler.  Le parjure du droit des plus faibles, inaudible parce que sacrifié au bénéfice du confort de ceux qui refusent de se remettre en cause.  Il arrive que ces crimes soient découverts pour être aussitôt recouverts, de honte en culpabilité, à défaut d’être assumé.  Qu’ils soient enfouis de peur d’être reconnus.  Qu’ils soient tus parce qu’insupportables parce qu’ils dévoilent de nos faiblesses plus que parce qu’ils révèlent de la détresse des victimes.  Qu’ils soient détournés de leur vérité pour que soit retenu l’épreuve des aidants au détriment du calvaire des patients.   

Ces atrocités existent depuis toujours.  Au fil des siècles certaines disparaissent dénoncées par ceux  qui se lèvent pour dire non.  Non à la violence contre les femmes.  Non au racisme.  Non à l’homophobie.  Non à l’esclavage. Non à la pauvreté.  Non au travail des enfants.  Non aux génocides.  Non à la torture. Non au harcèlement.  Mais pour se rebeller, il faut se sentir concerné.  Ce sont souvent les victimes qui sortent du silence et hurlent leur refus de subir, de continuer à taire.  Qui arrêtent de permettre un jour de plus ces atteintes à leur intégrité d’être humain égal en droit aux bourreaux qui usent et abusent de privilèges impropres leur permettant impunément de spolier ceux que nul ne vient protéger.  Et si les victimes ne peuvent faire entendre leur voix !  Et si le problème oblitère l’expression.  Si ce qui altère est ce qui condamne à subir.  Nos codes sociaux autorisent la censure de ce qui gêne.  Ainsi, un problème non énoncé peut ne pas être traité.  L’hypocrisie concède, à ceux qui n’auraient su interpréter des signes non conformes à l’expression courante, le bénéfice du doute de n’avoir su comprendre comment intervenir.  Et ce bien qu’il soit reconnu qu’un handicap empêche une expression normale.

C’est là qu’est l’injustice.  Pourquoi prêter, à ceux que l’on affuble de l’étiquette d’incapacité, les mêmes devoir d’expression que tous ?  Comment ne pas voir, qu’impactés par le poids de leur pathologie, ils puissent peiner à exprimer ce qui nous semble inné ?  Qui doute des difficultés de communication de ceux ayant des troubles du langages ou de la gestion émotionnelle ?  Et pourtant, nous avons tous ignoré un jour leur comportement agité le qualifiant d’insupportable au lieu d’analyser la cause de l’énervement.  Et pourtant, combien d’entre eux souffrent dans leur chair de ne savoir énoncer la nature de leur inconfort que nous pourrions alors soulager ?  Et pourtant, quand n’avons-nous pas plaint un proche nous contant la misère vécue à aider une personne en situation de déficience sans égard pour la détresse et la solitude de cette dernière ?  Moi-même, dans la balance du quotidien, combien de fois ai-je privilégié ma fatigue pour m’excuser de soulager les frustrations accumulées de Mike empêché d’exister !

 S’ils ne sont pas audibles, nous pouvons nous suffire de l’absence de plaintes formulées de manière à être adressé.  Ou, nous pouvons, conscients de l’existence de ces crimes, décider d’exposer, pour eux, l’injustice des murs de verre.  La souffrance de ceux murés vivants dans un décor dans lequel ils existent sans compter.  Les histoires de leurs maux sans mot.  Un bras cassé que l’on ne plâtre sous prétexte que son propriétaire se plaint tout le temps.  Une otite sur enflammée qu’on qualifie de crise comportementale jusqu’à ce que le tympan saigne.  Tous les traitements que nous n’aurions jamais pensé adresser à une personne verbale et que nous leur infligeons parce qu’ils ne savent dire non autrement.

Témoin constant de ce genre d’exactions, je ne les supporte plus.  Il y a tout ce que je vois ou que l’on me raconte et combien plus encore.  Je ne résoudrais pas les cas individuellement en m’adressant aux auteurs, conscients ou non, de ces injustices.  Il faut que le monde change pour que ces crimes cessent.  Il faut briser les murs de verre qui enserrent ceux incapables d’exprimer ce que nous ne savons chercher.  Seule l’empathie saurait.  Seule l’empathie si au moins nous en étions dotés.  Si seulement nous osions.  Si seulement nous essayions.  C’est si peu et tant à la fois.  Mettons-nous à leur place plus souvent.  Nous passons notre temps à leur demander de rentrer dans nos rangs sans même considérer les leurs.  La liberté des uns s’achève là où commence celle d’autrui.  Etre libre pour un handicapé serait de recevoir les mêmes soins que tout autre, indépendamment de son aptitude à exprimer ses besoins.  Notre liberté s'arrête quand nous omettons d'entendre ce qu’ils ne savent dire.

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Tu lui as déjà appris à briser le mur de verre ... Et nous avons appris à attendre sa parole après le silence , à découvrir derrière une histoire où une suite de phrases son message ...à prendre le temps ... Même si c'est tout à fait imparfait et que nous avons tant à apprendre de lui ...

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