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« Est-ce que je peux poser une question…. Mon kiki tout dur ! »

Emilie Weight
par Emilie Weight
Blogger
Modifié 09 juillet 2018 09:37:06
Blog
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10 Juillet 2018 - « Est-ce que je peux poser une question…. Mon kiki tout dur ! »

Quel désarroi dans ses yeux.  Quelle tristesse.  Quelle faiblesse.  Encore une injustice dans ce monde cruel si inadapté à sa différence qu’il viole sa pudeur de n’admettre sa candeur.  Comme tout garçon de son âge, Mike a des émois d’adolescent.  Ces premiers signes d’une virilité naissante.  Ces premiers regards coupables qui déshabillent goulûment tout corps de femme qui entre dans le champ de vision, sans distinction d’âge ou de lien de parenté.  Les fantasmes fugaces frôlent et volent ce que les hormones leur servent sur l’hôtel d’impulsions sans contrôle d’émotions.  C’est l’histoire du monde.  Celle de la vie dont les civilisations se nourrissent bien qu’elles aient appris à camoufler ce qu’elles ont fini par désavouer.  L’attirance naturelle et spontanée d’un sexe à l’autre.  L’animalité sans bestialité de notre condition de mammifères sexués.  La nature et ses instincts dont nous sommes faits avant d’être forfaits !  Les codes derrière lesquels nous dissimulons ces vérités n’empêchent qu’elles existent et puissent s’exprimer.  Ils condamnent.  Ils contiennent ce que la collectivité décide de déguiser.  Mais n’éteignent ce qu’ils répriment.  Ne suppriment ce qu’un handicap n’empêche de taire.  Privé de la maitrise de ses émotions, Mike se retrouve sur le bûcher des détraqués sans qu’il n’y ait de malice dans le vis qui lui est reproché.  De prêter à autrui le châtiment de nos démons, nous oublions que l’intention doit dicter nos sanctions.  Et pourtant, tout injuste que soit ce verdict, il est réel et partagé assez pour être appliqué.

Tel Pinocchio dont le nez trahi les mensonges, Mike est stigmatisé de ne savoir dissimuler ce qui lui occupe l’esprit alors que, tout autour de lui, d’autres jouissent sans vergogne des mêmes pensées inavouées.  D’un côté ce qui se fait.  De l’autre ce qui se dit, s’admet, tolère de n’être dissimulé.  Une nuance lourde à porter quand il s’agit de l’expliquer à son enfant handicapé !  La subtilité de notre hypocrisie réserve bien des surprises. Nos incohérences éludent le sens de ce dont nous nous accommodons par conditionnement.  Etre parents c’est expliquer, comprendre et décortiquer afin d’aider son enfant à assimiler.  Alors nous abordons le sujet délicat du « tu ne dois bien que cela soit » !  L’aberration qui est la norme.  Ce qui ne souffre de pourquoi simplement parce que la société a accepté de ne pas y répondre préférant censurer qu’expliquer ce qu’elle échoue à contrôler.  Le carré dans un rond.  Le dictat de l’humain qui dirige ce qu’il engendre au-delà de ce qui existe.  Ces reflexes de vie collective que nous avons pris et qui régissent notre existence au quotidien.  Le rythme de nos journées.  Les préjugés.  L’éthique et la morale.  Les courants de pensées.  Toute la sophistication dont l’être humain s’est doté comme d’un habit pour couvrir ce qui serait trop complexe à apprivoiser et que nous préférons déguiser.

L’élixir de vérité que détiennent ceux qui ne peuvent se soumettre à ces convolutions qui nous entravent devrait nous alerter.  Alors que nous goutons aux bienfaits d’un rapport au temps modifié par l’aptitude de Mike à nous ralentir, je ne cesse de m’interroger sur l’opportunité de considérer plutôt que réprimer la spontanéité de l’expression de son désir.  Son innocence coupable.  Notre bienséance malsaine.  A condamner, n’en venons-nous pas à exacerber ce qui naturel devrait libérer plutôt qu’emprisonner ?  Le péché originel n’est-il pas dans l’orgueil de prétendre autre chose que ce qui est ?  Feindre et tricher est alors valorisé et préféré à la candeur du naïf qui s’expose de n’envisager l’offense que nous sommes seuls à voir dans la noirceur de nos âmes.  Je ne remets pas là en cause les règles de notre société qui pour permettre la liberté de tous limite celle de chacun aux frontières d’autrui.  J’interroge seulement l’évidence confrontée à l’incrédulité d’un enfant confiant dans l’accompagnement de ses parents et qui, d’un regard, déstabilise nos certitudes les plus absurdes.

Quel désarroi dans ses yeux.  Quelle tristesse.  Quelle faiblesse.  Comment lui faire comprendre que le monde n’est pas prêt à tant de vérité, de sincérité et de naturel.  La pureté de sa matrice raisonne sans convaincre.  Dans ses yeux je vois la pureté et l’incrédulité. Dans son regard je mesure l’absurdité de nos propos autant que leur nécessité.  Le message est passé.  Mike va suivre les règles.  Il ne peut en être autrement.  Nous ne sommes pas prêts à vivre sa liberté.  Mais, de la leçon que nous venons de lui donner, j’ai plus appris que je lui ai enseigné. 

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Belle chute ... Réelle ...mais , il me semble que le langage est revenu à une abstraction trop insaisissable Reviens au ton des "moka" précédents que chacun peut suivre et dont il peut se nourrir . J'aimerais savoir comment expliquer et comprendre comment il le reçoit .

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