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Alter Dépendance – J’ai une excellente nouvelle à t’annoncer !

Emilie Weight
par Emilie Weight
Blogger
Modifié 19 mars 2019 07:50:29
Blog
406 visites

19/03/2019 – J’ai une excellente nouvelle à t’annoncer !

Fin de journée, le téléphone sonne. Un de ces jours où le manque de reconnaissance d’un système avarié vous donne envie d’hurler. La sonnerie me sort d’un vertige grandissant. J’étais en train de perdre pied. Incrédule. Affligée. Je cherchais sans le savoir quelque chose auquel me raccrocher. Un signe. Une main tendue. Un regard. Un sourire. N’importe quoi pour me prouver que j’existe et suis digne d’attention. Je broyais un noir si profond qu’une vague intérieure recouvrait d’ombre toutes mes émotions. Sourde comme sonnée. Je tâtonnais esseulée au sortir de cette réunion quand soudain le bruit familier d’un appel me saisit. Au bout du fil Mike dit « j’ai une excellente nouvelle à t’annonce ! » Un bref instant, je me prends à rêver à cette évocation. Je ne sais dire exactement ce que m’inspire cette déclaration. Le superlatif qu’il emploie et l’entrain de sa voix suscitent chez moi un espoir démesuré. J’envisage, sans certitude, un grand chambardement. Une révolution. Un changement radical qui le concernerait en nous impliquant tous. Une décision transformant son avenir. Un progrès conséquent. Une aventure nouvelle qu’il lui serait donné de vivre. Sans en maîtriser la nature, je suis convaincue de l’ampleur de l’information qu’il s’apprête à me dévoiler. Impatiente et curieuse, j’en oublie mon mal-être, transportée par son enthousiasme et pressée de me glisser hors de la tristesse, par son intermédiaire. « Je vais jouer au foot demain matin et j’aurais un piquenique pour midi ». Plus le temps de me perdre dans les fantasmes chimériques de mon imagination. Mike coupe court à ma rêverie. Le merveilleux fait place au pragmatisme. L’hédonisme remplace l’ambition. La simplicité érigée en excellence surprend puis convainc d’évidence. Il demandait un piquenique depuis que sa sœur en avait bénéficié sans qu’il ait pu lui-même en avoir. Il aime le foot et la franche camaraderie du collectif sur le terrain bien plus que le silence et l’exigence d’une salle de classe codifiée. La perspective de ces plaisirs suffit à déclencher un bonheur intense. Mike est transporté par la joie d’un emploi du temps répondant à ses inspirations. Faire ce qu’il aime l’empli d’une satisfaction contagieuse. Il évoque l’excellence pour ce qui nous semblerait banal, presque vain. Il apprécie la vie dont nous oublions l’essence. Je m’apitoyais sur mon sort constatant navrée qu’une page s’était tournée qui niait ce que j’avais pu accomplir par le passé. J’étais perdue dans une dimension révolue et m’affligeais de ne plus pouvoir y remédier. L’efficience de mes capacités d’analyse me permettait de comparer et de simuler les situations et leurs conséquences dans un repère pluridimensionnel dont la complexité m’aspirait sans me consoler. Grisée par l’agilité de méninges m’octroyant la faculté de comprendre, je mesurais la satisfaction d’avoir eu raison sans pour autant avoir été écoutée. Je haïssais la frustration que nul ne reconnaisse ma contribution. J’échouais de pouvoir. Il excellait de croire. Mon silence dû lui paraitre suspect. Il interrompit le cours de sa narration pour m’interpeler. « Est-ce que tu vas bien Maman ? » Je n’eus pas le cœur de lui mentir. « J’ai passé une journée difficile mais tu m’aides à en sortir ». Alors, comme s’il avait compris mon trouble, nos différences, son innocence ; il dit simplement « c’est rien Maman ». Rien, tu as raison mon chéri. Rien que du vent dont nous emplissons nos vies d’être capable de le faire. Nous nous abusons à suivre des chemins tracés qui nous conduisent sur l’échelle de la démesure d’un modèle pyramidale construit pour permettre aux élites de dominer. La farce n’a que trop durée. Le ridicule de cette existence, grâce à toi, m’est désormais visible et risible. S’en extraire prend du temps. Le deuil des efforts fournis pour s’y conformer dure et s’endure. Défaire suppose de repartir. D’avoir échoué impose de réfléchir. La cicatrisation sera lente mais ma décision est prise. « J’ai une excellente nouvelle à t’annoncer moi aussi. » J’ai compris. Je rêve de partager mes journées à aider ceux qui m’apprendront à aimer plus qu’à gagner. Je veux servir et emplir mon quotidien de sens. L’énergie et la volonté dont j’ai hérité n’ont été que trop gaspillées au profit d’illusions usurpées. Il est temps que je les emploie à bon escient. Pour toi. Pour moi. Pour nous et pour eux. Plus contre !

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Belle leçon de vie Micky ... c'est toi qui peux nous apprendre à mieux vivre et ne retenir que l'essentiel . Merci . et la souufrance de nos illusions perdues peut être sagesse pour demain , lorsque nous aurons digéré !...

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