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Emilie Weight
par Emilie Weight
Blogger
Modifié 19 février 2019 09:33:06
Blog
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19/02/2019 – Plus un enfant…

Plus un enfant pour le moment.  Sans extrapoler davantage, car il n’est pas certain qu’un autre stade soit atteint.  Pas du moins tel que cela s’entend généralement.  Bien qu’il ait les attributs de l’adolescent, il n’en use pas couramment.  Son téléphone portable reste sur le bar.  Ses sauts d’humeur sont passagers et intermittents.  Brefs et spécifiques, ils ressemblent encore plus à des caprices qu’aux crises de son âge !  Il a l’autonomie frugale des vacances d’été à la campagne lorsque coutumiers des lieux, les parents laissent leurs marmots vaquer dans les près.  Jamais trop loin.  Sur des chemins balisés.  Un aller-retour rapide.  Une autorisation temporaire dont il faut déclencher le début et signaler la fin.  Ses centres d’intérêts décollent du juvénile sans atteindre les préoccupations de ses pairs.  Emoustillé et curieux, il s’aventure sans oser transgresser.  Découvre pour rabâcher plus qu’avancer.  S’attache à une vidéo.  Use un DVD.  Délaisse les dessins animés pour gouter au reste sans pour autant parvenir à complétement s’en passer.  Désireux d’apprendre plus que ce qui lui est enseigné, il s’intéresse à l’actualité et exerce sa curiosité sur des sujets ciblés.  Le corps.  L’histoire.  La police et les animaux.  Par touches.  Toujours assidument, selon le principe de répétition qui le fait regarder cinquante fois la même vidéo, il cherche à grandir par tâtonnement.

Plus un enfant dans un corps de grand.  Il mesure plus d’un mètre soixante.  Sa morphologie rugbystique a perdu les rondeurs du poupon.  Carré et musclé, il reste fin et élancé.  Les poils gagnent du terrain sur sa peau encore tendre et infiniment douce.  L’hyperlaxité et l’abondance de matière aux articulations rappellent le moelleux des bébés sans y ressembler vraiment.  Ses gestes gauches dévoilent le manque de maitrise qu’il a de son corps en mutation.  Dans sa manière de se mouvoir comme dans sa pudeur en devenir, il investi l’espace dans un costume encore trop grand pour sa capacité à l’incarner.  Homme de chair.  Enfant dans l’âme.  Sa voix, rauque et aigue à la fois, trahit impitoyablement cette dualité qu’il lui faut dépasser.  Encore épargné par l’acné, il arbore une chevelure touffue et ébouriffée qui, sur ses beaux yeux bleus, lui donne un air fougueux.  Des regards ténébreux lui prêtent l’attitude farouche de la rebellions que la candeur de ses gestes contredit imanquablement.  Un grand enfant ?  Un enfant grand ?  Est-ce le regard d’une mère trop attentionnée qui le garde prisonnier ?  Ou l’incapacité à s’assumer qui freine l’émancipation de l’esprit dans un corps soumis aux mécanismes du vieillissement ?  Une dichotomie s’invite dans son éclosion.  Sans inquiéter, cette fragilité questionne.  Pas lui.  Ni nous.  Simplement son aptitude à appréhender le monde qui l’attend.

Plus un enfant parce que le temps presse.  Il va avoir seize ans.  Et moi quarante-six !  Je vieillis.  Il grandit.  Il ne saurait en être autrement.  Cela était inévitable.  Je m’y attends indéniablement depuis le commencement.  Toutes les étapes qui mènent au présent préparent ce qui arrive maintenant.  Les apprentissages.  Les stimulations.  L’accompagnement.  L’engagement associatif.  L’environnement.  Les intentions sont là.  Les décisions se prennent au fur et à mesure où le terme approche.  Nous évoluons.  Nous projetons un avenir différent que d’autres peinent à équilibrer.  Nous observons.  Nous étudions.  Nous nous préparons à la suite.  C’est loin, puis de moins en moins, avant d’être proche, voir imminent.  S’y préparer ne suffit cependant pas à faire évoluer le décore qu’il nous faut adapter.  Eduquer un enfant différent va au-delà des diplômes.  Il faut changer l’équation d’accueil de son devenir.  Inadaptée, la société doit évoluer pour lui offrir la place qu’il mérite.  N’y parvenir risque de précariser son existence ?  L’échéance de notre propre déchéance rend l’objectif impérieux.  Les choses avancent.  S’en satisfaire serait hypocrite et lâche.  Elles s’améliorent sans suffire.  Elles évoluent sans répondre.  Le plus n’étant pas mieux, il faut faire autrement.  Cela semble possible.  Encore faut il oser.  Se lancer.  Poser la première pierre. 

Plus un enfant.  Le moment est venu.  La bascule attend.  Le tournant arrive.  Du concept à l’action.  Un mémoire.  De nouvelles fonctions.  Un blog.  Je dois agir.  Il est temps.  Hier, devant tout ces gens, érigée en modèle par mes prises de positions, je réalisais tristement la vacuité de ces paroles sans actes.  La vérité que je défends doit exister pour compter.  Plus un enfant, il reste mon enfant.  Il me fait confiance.  D’autres attendent curieux de voir ce que mes hypothèses produiront.  Lui croit en moi.  Son bonheur dépend de ma capacité à délivrer les promesses dans lesquelles nous l’avons élevé.  Plus un enfant mais pas totalement grand en attente du devenir que nous devons construire.

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Ce devenir est en construction depuis longtemps ... et l'architecte que tu es a posé les pierres du sous-bassement . C'était fondamental et , sans doute , le plus dur . Demain , avec le printemps , viendront l'éclosion et la réalisation ...

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