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Emilie Weight
par Emilie Weight
Blogger
Modifié 26 janvier 2021 11:47:42
Blog
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26/01/2021 – Sois heureuse dans la vie…

Mike ne cesse de me le répéter en ce moment. Au début, j’ai cru à une blague. Un accident de parcours. Une phrase dans le vent. Mais elle revient régulièrement. Toujours accompagnée d’un rire tonitruant. Il la glisse pour un oui ou pour un non. Sois heureuse dans la vie, par ce que, soi-disant, je suis grognon ! Sois heureuse dans la vie, parce que nous attendons sans rien faire et il s’en sert de brise silence. Sois heureuse dans la vie, telle une ponctuation au bout d’une histoire qu’il ne sait comment finir. Sois heureuse dans la vie, tout simplement. Fréquemment. Les premières fois je cherchais à déchiffrer le sens caché de cette injonction. Puis en souriant, je me suis mise à le chahuter à ce sujet. Plus sérieusement j’ai tenté de l’interroger. Rien à faire. Impossible d’obtenir une explication à cette nouvelle ritournelle. Malicieux. Persévèrent. Il insinue l’emphase du message sans en dévoiler l’usage. Intrigant. Bienveillant. Il l’utilise sans l’abimer. Prend garde à ne pas l’user d’un penchant qui risquerait de l’élucider. S’en saisi pour prendre au dépourvu. Aime l’effet d’y être parvenu.

Sans lien apparent, cette période coïncide avec celle des entretiens. Pour promouvoir le regard différent que Mike offre au quotidien, de chroniques sur un blog j’ai fini par publier des livres. S’autoéditer grâce aux outils numériques est désormais possible. Mais faire connaître sa production, et qu’elle rencontre un public, demande plus que quelques clics. Le crowdfunding peut être une solution. Il faut oser. S’y entrainer. Inventer l’histoire à raconter. Créer les contreparties sans quoi la campagne ne peut être menée. Solliciter son réseau en espérant que, de fil en aiguille, l’écho fasse tache d’huile pour qu’assez de monde soit intéressé afin de financer le projet. Une fois cet exploit relevé, les promesses suscitées doivent être honorées. Les idées qui semblaient alors bonnes deviennent une réalité. 23 entretiens nous attendent. L’option d’un échange avec l’auteur et sa muse a retenu plus d’attention que nous en espérions. Ravie de cette aubaine, je suis un peu hésitante à la rappeler à Mike. Il y a quelques mois de cela, lorsque j’avais abordé l’idée avec lui, il était séduit. Mais depuis le temps est passé et il ne s’agit plus maintenant d’un simple concept mais d’une certitude. Je me demande comment il va accueillir la perspective proche de s’entretenir avec 23 personnes pour parler de lui…

A ma grande surprise, il s’en réjouit immédiatement. Curieux, il me demande « qui ? ». S’arrête sur chaque personne pour que je la décrive. Liens de relation. Spécificités. Anecdotes à raconter. Il s’intéresse à tous sans se lasser et s’enquiert même des dates et heures programmées. Je calme ses ardeurs en lui avouant n’être qu’au début du processus. Il me houspille gentiment en me disant « qu’est-ce que tu attends ? » le même weekend nous faisons 3 conversations. Il en reste 20 pour les mois à venir. Loin d’une contrainte, ces opportunités sont pour lui des promesses. La perspective de discussions qui viendront combler un horizon encore trop vide. Refusant d’abandonner l’espoir, il s’applique la maxime qu’il martèle. Pour être heureux dans la vie il faut transformer en positif tout ce qui pourrait ne pas l’être. D’une supposé obligation, il tire de la joie. Des malheurs de vieillesse, il retient l’amour qui jamais ne s’use à l’épreuve du temps. Dans la tension d’un foyer, il permet d’entrevoir l’issue heureuse d’un devenir même compromis. Au soir tombant du dimanche, il offre une récréation lors de la préparation du repas. Bruyant. Volubile. Agité. Il échappe au cadre de la bienséance sans gêner son audience.

Assise derrière lui j’observe. Il s’approprie l’espace de discussion. Cherche à varier les sujets d’interaction. Ecoute sans jamais s’éloigner trop de ses propres préoccupations. Entraine plus qu’il déroute. Choisi au lieu de subir. La sympathie qu’il suscite semble ignorer son handicap. Les rapports qu’il entretient se nourrissent de sa personnalité plus que de ses incapacités. Tellement présent dans l’échange, il emporte dans son envie. Il accapare les regards. Il captive l’attention. A contre-emploi. Dans le courant. Il passe et trace l’expérience d’une autre raison. Celle de la foison. De l’abondance émotionnelle. D’un plein auprès duquel on se sent bien. L’inouïe naïveté des prémisses de toutes choses. Comme si l’éternel début ne finissait jamais. Sans lassitude. L’excitation d’un précipice dont il nous prémuni. Lumineux. Enjoué. Volontaire. Insatiable. Il parle jusqu’à ce qu’on l’arrête. Je le regarde et comprends un peu mieux… être heureuse dans la vie, c’est vivre à fond chaque occasion.

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