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par Nathalie Appert
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Modifié 19 janvier 2019 15:51:44
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Si, à l’image de ses parents avec leur travail, les journées de mon Roi du Tranquille ont toujours été rythmées par l’école puis les devoirs à la maison, une question demeure : que faire de son temps libre ?

Nous vivons dans une société ultra culpabilisante, surtout s’agissant de l’éducation de nos enfants. Nous devons veiller à bien les nourrir, être vigilant quant à leur scolarité et enfin, leur proposer des loisirs. Bref, nos chères têtes blondes doivent être bien dans leurs Nike !

Je ne reviendrai pas sur la question de la scolarité, déjà longuement développée dans mes précédents billets.

Sur le plan de la nourriture, je crois pouvoir affirmer que je suis au top. Je n’ai guère de talents à part celui de savoir bien cuisiner, alors, pour une fois, halte à la modestie ! Bardée de mes CAP cuisine et pâtisserie, j’ai à cœur de mijoter pour ma petite famille une cuisine saine et gourmande. Ce qui revient à exclure, ou tout au moins limiter, sodas et nourritures industrielles. Pas facile de passer pour quelqu’un de normal quand on annonce que l’on n’achète jamais de coca ! Cette rigueur me valut un jour de la part de mon mari le doux qualificatif d’ayatollah de la bouffe ! Mais au moins, à 17 et 20 ans, mes fils sont minces et en bonne santé (en dépit des tonnes de Chocapic et autre Miel Pops qu’ils ont ingurgitées dans leur courte vie. Comme quoi, l’ayatollah n’est pas si terrible que ça !). Leur père aussi. Quant à moi, je lutte pour que mon 40 ne flirte pas trop avec le 42. Fin de la parenthèse !

Alors donc, que faire avec le temps libre de Lilian ? Il y a le temps libre au quotidien et les vacances scolaires qu’il faut aussi « meubler ». Partout dans les médias, on crie haro sur les écrans. Nos enfants passent trop de temps devant ces objets lumineux. Ok. Mais alors, on fait quoi ? Allez donc dire à un jeune qu’il ne doit pas avoir son portable sous le nez en permanence. Ni passer des heures sur son PC, spécialement configuré « gamer ». Eh bien, bon courage !

La culpabilité est double lorsque votre enfant est en situation de handicap. Car bien qu’autiste, Lilian n’en reste pas moins un adolescent. Je dois avouer que son père et moi n’avons peut-être pas toujours été à la hauteur. Mais nous n’avons jamais vraiment eu la volonté de réglementer l’accès à la télévision. Personnellement, je l’ai beaucoup regardée lorsque j’étais petite. Je ne crois pas être devenue un être dégénéré. La seule question que je me pose est de savoir si mon imagination aurait été davantage développée si j’avais moins regardé l’île aux enfants, Goldorak ou encore Candy. Je pense que oui mais comment en être sûre ?

Lilian a passé beaucoup de temps lorsqu’il était petit devant les dessins animés. Il était passionné par les Télétubbies (avec cette petite musique à rendre fous les parents), puis Tchoupi et enfin Franklin, la tortue. Puis il a découvert Disney, Pixar, sans oublier les studios français Xilam qui produisent des choses bien rigolotes comme « Oggy et les cafards » ou encore « les Zinzins de l’espace ». Tous ces moments où je l’ai entendu s’esclaffer devant ces dessins animés !! Comment aurions-nous pu le priver de ça, lui qui n’a jamais eu d’ami venant le chercher pour aller jouer au ballon ou faire du skate dehors ?

Alors oui, Lilian est un enfant de la télé. Mais pas que. Les milliers de feuilles blanches qu’il a crayonnées, parfois découpées et scotchées pour en faire des petites surprises à offrir, sont là pour dire que fort heureusement Lilian n’aime pas que la télé.

Comme toute maman normalement câblée, je me suis essayée à la pâte à sel avec mon fils. J’ai tenté l’atelier cuisine aussi.  Quelques jeux de l’oie par ci, par là. Mais mon Roi du Tranquille n’a jamais compris la finalité du jeu. Pas demain la veille le Cluedo ou le Monopoly !

Nous lui avons offert beaucoup de livres d’images car la lecture a longtemps été un exercice compliqué pour lui. Il lisait sans vraiment comprendre. Il a fallu du temps avant que des textes simples commencent à prendre vie dans son esprit. Désormais il peut lire des bd comme Astérix ou Lucky Luke mais ça ne va pas beaucoup plus loin que ça.

Bref, on essaie, on tâtonne, hélas, cela ne suffit pas à déculpabiliser les parents.

Et puis un jour, les téléphones portables et les ordinateurs font leur apparition dans la vie de nos jeunes. La culpabilité des parents s’accentue. Question d’époque ! Lutter contre les écrans, comme beaucoup de parents se targuent de le faire, me parait un combat perdu d’avance. En revanche, il faut absolument surveiller les contenus auxquels les enfants accèdent. C’est la seule vraie vigilance à avoir. Avec Lilian, évidemment la question s’est d’emblée imposée. Des contenus violents et/ou sexuels auraient eu sur lui des conséquences psychologiques importantes. J’ai toujours eu peur de ça. Mais finalement, les années passant, il n’y a pas eu de véritable incident de ce style. Lilian, lorsqu’il est devant son ordinateur, regarde des dessins animés, parfois en langue étrangère sans sous-titres, prouvant bien que seule l’image compte, que les mots importent peu. Et puis, fait important, l’ordinateur est une fenêtre vers la connaissance pour lui. Il surfe sans cesse à la recherche de tout un tas d’informations, sur des domaines très variés, souvent des sujets d’histoire ou de science. Il est très curieux et quand un domaine devient sa fixette du moment, il est avide d’en savoir plus. Ce qui se traduit plus tard, au hasard d’une conversation, par une phrase qu’il va lâcher comme une évidence pour nous dire que tel président américain est à l’origine de la construction de tel ou tel édifice etc.

Que dire des loisirs payants ? Le loisir est un consommable comme un autre. Alors quand on ne consomme pas beaucoup de loisirs, on est en marge du système. Ce qui nous oblige à nous demander sans arrêt si nous en faisons assez pour nos enfants. Ne devrions-nous pas aller plus souvent à Disney Land ou au Parc Astérix ? Je culpabilise de ne pas emmener Lilian plus souvent à Disney Land. Mais cette institution reine du loisir payant où dégoulinent les objets dérivés made in China me donne un peu la nausée. Heureusement, il y a les grands-parents dévoués…

Quid du cinéma ?

Etant moi-même cinéphile, j’emmène Lilian au cinéma aussi souvent que je le peux. L’ennui, c’est que mon loulou, même encore maintenant à 17 ans, n’accepte de voir que des dessins animés. Impossible d’échapper au dernier Disney ou au dernier Pixar !! Lilian déroge quand même à son intérêt pour les dessins animés avec quelques rares films qu’il accepte de regarder. Et puis, la force du marketing étant ce qu’elle est, il n’a pas pu échapper à la déferlante Star Wars. On peut même dire qu’il est tombé dedans. Avec excès. Il connait la saga en long, en large et en travers. Chaque détail, chaque personnage, chaque décor. Incroyable de voir comme il décrypte cet univers. Pas à pas, nous essayons de l’amener vers des films plus variés mais sa première réaction sera toujours un refus catégorique. Alors il faut ramer pour arriver à le décider. Il faut argumenter, dévier, contourner, agir avec filouterie pour, l’air de rien, lui faire visionner une bande annonce. Illustration en 2017, le film « Santa et Cie », d’Alain Chabat. Son père et moi pensions que le sujet du père noël serait un argument suffisant. Que nenni ! Il m’a fallu ruser, insister pour que l’on puisse aller voir ce film ensemble. Et finalement, il a beaucoup ri devant le grand écran. Ouf ! Chaque succès est un pas vers d’autres films potentiels.

Après la télévision, les parcs d’attraction, le cinéma, le dessin, les livres, bien évidemment, il y a les expos parisiennes. Là, encore, il faut argumenter pour réussir à le séduire. En dépit du choix pléthorique, c’est parfois très compliqué de lui proposer d’aller voir une exposition ou un musée. Mais nous y parvenons et ce sont des sorties parisiennes bien agréables pour les presque « provinciaux » que nous sommes.

En dépit de tous ces efforts, j’ai constamment l’impression que nous n’en faisons pas assez pour notre fils. Que nous manquons d’inventivité pour lui proposer des loisirs qui permettraient de l’aider à évoluer en plus de lui faire plaisir. On dit pourtant qu’il est bon pour les enfants de s’ennuyer car cela développe la créativité. Je suis assez d’accord avec cette affirmation. Néanmoins, lorsqu’il s’agit de l’appliquer à nos enfants, l’évidence est moins nette.

Viennent ensuite les périodes de vacances scolaires. Ça aussi, on peut dire que c’est compliqué à organiser. Mais c’est le cas pour bien des parents qui travaillent et qui doivent s’organiser durant ces longues périodes de vacances scolaires, non ? Que faire de nos loulous aux vacances d’hiver, aux vacances de Pâques, durant juillet-août ? Un sacré casse-tête parfois.

Fort heureusement, Lilian a des grands-parents archi disponibles, jamais avares pour l’emmener voir une expo ou en vacances. Dans une vie de famille, c’est une vraie richesse que de pouvoir compter sur les aînés !! J’essaierai de m’en souvenir le jour où je serai à mon tour grand-mère…

J’aurais aimé pouvoir l’envoyer en colo. Une colonie adaptée pour des enfants comme lui. Je ne sais même pas si ça existe. Et puis, je serais rongée par l’inquiétude, à moins de tomber sur une structure ultra compétente pour s’occuper mon fils. Mais ce serait bien pour lui. Qu’il se détache de moi et surtout que JE me détache de lui. Il est parti en classe verte alors qu’il était en sixième. Il en est revenu enthousiasmé par cette sortie avec les copains et son AVS de l’époque, Véronique. Il s’est éclaté. Ce souvenir reste un moment clé dans sa vie. J’aimerais qu’il ait plus de souvenirs comme celui-là…

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