Dans le labyrinthe des différentes aides et prestations, il est facile de se perdre. A savoir : la PCH n’est pas un revenu, mais une aide "en nature", c’est-à-dire le remboursement de dépenses directement liées au handicap.

Qu’est-ce que la PCH ?

Créée en 2006 pour remplacer l’ACTP (allocation compensatrice pour tierce personne), la PCH est « une aide destinée aux personnes qui ont besoin d’une aide dans la réalisation des actes de la vie quotidienne du fait d’un handicap ».

Délivrée après décision de la MDPH, cette prestation prend donc la forme d’un remboursement. Il ne s’agit donc pas d’une allocation au sens propre du terme, puisqu’elle intervient a posteriori de la dépense.

Quelle est la différence entre PCH et AAH ?

C’est toute la différence avec l’allocation aux adultes handicapés (AAH), qui est un revenu minimum mensuel garanti aux personnes à faibles ressources en fonction de leur taux d’incapacité. Il est donc possible de cumuler PCH et AAH.

Quelles sont les conditions d’attribution de la PCH ?

Contrairement à d’autres prestations, la PCH n’est pas délivrée en fonction du taux d’incapacité. Les conditions d’attribution de la PCH fixées par la loi sont les suivantes : ou bien rencontrer « une difficulté absolue » pour la réalisation d’une activité de la vie quotidienne – c’est-à-dire être incapable de la réaliser seul –, ou bien rencontrer « une difficulté grave » pour la réalisation de deux activités – c’est-à-dire ne pouvoir les réaliser qu’avec difficulté.

C’est l’équipe pluridisciplinaire de la MDPH qui évalue les besoins de la personne et transmet ensuite le dossier à la commission des droits et de l’autonomie des personnes handicapées pour décision.

À noter : la PCH n’est pas soumise à conditions de ressources. Toutefois, elle n’est de 100 ?% que dans le cas où les revenus sont inférieurs à 26 579,92 ?€ par an. Dans le cas contraire, la PCH sera limitée à 80 ?% des frais, les 20 ?% restant étant à la charge de la personne (« reste à charge »).

PCH : les différentes formes d’aides

La PCH permet de rembourser plusieurs types de dépenses différentes :

  • L’aide humaine permet de rémunérer une aide à domicile ou de dédommager un aidant familial.
  • L’aide technique rembourse l’achat ou la location de matériel.
  • L’aide à l’aménagement du logement permet de financer des travaux liés au handicap (aménagement de salle de bain…) ou de prendre en charge une partie des frais de déménagement si celui-ci est nécessaire.
  • L’aide au transport compense « l’aménagement du véhicule ou les surcoûts liés aux trajets ».
  • Les aides spécifiques ou exceptionnelles
  • L’aide animalière permet d’acquérir un animal d’assistance, mais seulement s’il a été formé par une structure labellisée.

PCH et limite d’âge

Il est possible de demander la PCH jusqu’à 75 ans, si toutefois le handicap la justifiant existait avant les 60 ans de la personne. Dans le cas contraire, c’est une autre prestation qui est possible, l’APA (allocation personnalisée d’autonomie).

Les personnes de plus de 60 ans peuvent avoir le choix entre PCH et APA. Le choix entre ces deux prestations n’est pas simple, il doit être fait très soigneusement car les deux prestations ne sont pas cumulables. Un site internet du gouvernement donne toutes les clés pour comprendre la différence entre PCH et APA.

Un conseil : ne surtout pas négliger le projet de vie

Un élément déterminant du dossier PCH est « le projet de vie », notion définie par la loi comme « les besoins et aspirations de la personne handicapée ». Lors de ses rencontres avec l’équipe de la MDPH, il est donc très important que la personne fasse état le plus précisément possible non seulement de ses besoins mais de ses projets.

Comme l’explique l’APF (Association de paralysés de France), la compensation du handicap se fait d’une part sur des critères objectifs, et de l’autre en fonction « de la personnalité du demandeur », qui doit donc « faire état de ses projets, ses ambitions, ses désirs, sa subjectivité, la vie qu'il veut mener ». L’APF regrette que « peu de dossiers comportent un projet de vie approprié », ce qui a pour effet de « réduire le droit à la compensation ».

Nouveau formulaire MDPH

À compter du 1er septembre 2017, un nouveau formulaire commence à entrer en vigueur pour faire ses demandes de prestations auprès des MDPH. Il va être généralisé d’ici au 1er mai 2019. D’ici là, chaque MDPH décide si elle demande l’ancien ou le nouveau formulaire.

Penser à demander à sa MDPH, entre le 1er septembre 2017 et le 1er mai 2019, ce qu’il en est.

 

Ressources : 

Allocation aux adultes handicapés (AAH) sur Service-public.fr