L’annonce du diagnostic d’une maladie neuromusculaire est traumatisante. En plus de toutes les questions liées à la maladie se posent celles de ses conséquences financières : frais médicaux, arrêts de travail, invalidité, ALD, prévoyance... Un second combat entravé de démarches administratives. Memento de ce à quoi il faut, malgré tout, penser.  

Maladie neuromusculaire ALD : vérifier la reconnaissance en ALD

Les maladies neuromusculaires sont inscrites en Affections longue durée (ALD) dont les soins sont remboursés à 100 % par la Sécurité sociale. Or le diagnostic d’une maladie des muscles et des nerfs est le plus souvent annoncé à l’hôpital. Il faut alors se rapprocher de son médecin traitant et lui demander qu’il fasse la demande d’ALD.

L’ALD ne dispense pas d’une complémentaire santé

Malgré le 100%, des frais restent à charge, notamment les dépassements d’honoraires et le plus souvent le forfait hospitalier. De plus, les soins qui ne sont pas en lien avec la maladie neuromusculaire restent remboursés au taux habituel.

Si vous n’avez pas de complémentaire santé (individuelle ou d’entreprise), sachez qu’il n’y a pas de sélection médicale à l’entrée lors d’une première souscription. Cependant, il y a un délai de carence, parfois jusqu’à un an.

Indemnités journalières et pension d’invalidité

La Sécurité sociale ou l’administration qui prend en charge en partie vos arrêts de travail temporaires ou permanents est amenée à vérifier si vous êtes vraiment malade :

  • L’arrêt de travail est justifié s’il est thérapeutique
  • L’invalidité est accordée lorsque l’incapacité de travail est reconnue

En conséquence, pour une maladie musculaire invalidante, il faut se préparer à prouver son état de santé. Gardez tous les papiers médicaux et demandez ceux que vous n’avez pas : compte-rendu d’hospitalisation, bilan d’examen et certificat médical…

C’est quoi une prévoyance santé ?

C’est une assurance qui complète les indemnités journalières ou la pension d’invalidité de la Sécurité sociale. Elle peut être individuelle ou collective :

  • lorsqu’on est malade, souscrire à une prévoyance individuelle entraine surprimes, exclusions de garantie, voire refus total.
  • en revanche, les contrats collectifs de prévoyance santé entreprise ne peuvent, le plus souvent, exclure de nouveaux souscripteurs pour raison de santé.

Dans les entreprises privées, où les contrats de groupe sont rendus obligatoires depuis 2016, et dans de nombreuses administrations publiques, des contrats collectifs assurent le maintien du salaire lors des congés maladie et de l’invalidité. Ils sont plus ou moins spécifiques à chaque entreprise. C’est pourquoi, pour faire valoir vos droits, n’hésitez pas à les étudier avec une assistance sociale, un juriste ou un délégué syndical.

Malade, ne démissionnez jamais !

L’état de santé ne peut être un motif de licenciement. Cependant, si les arrêts de travail, ou la mise en invalidité de suites de votre maladie neuromusculaire, nuisent au fonctionnement de l’entreprise, l’employeur saura en décider et procédera au licenciement.

  • Être en congé maladie ou en invalidité n’exclut pas d’être inscrit à Pôle emploi. Vous pourrez percevoir à l’issue de votre arrêt, des indemnités perte d’emploi. Ceci ne serait pas possible en cas de démission. De plus, une pension d’invalidité catégorie 1 et allocation chômage sont cumulables.
  • Si vous êtes couverts par une complémentaire et une prévoyance d’entreprise, celle-ci vous assure même lorsque vous avez quitté l’entreprise, à condition que ce ne soit pas pour faute lourde ou démission.

Attention : Les prévoyances santé entreprise protègent plus ou moins longtemps après la rupture du contrat de travail (délai de portabilité). Pour bénéficier d’un complément à la pension d’invalidité, il faut que celle-ci soit décidée par le médecin conseil de la Sécurité sociale avant la fin du délai de portabilité prévu dans le contrat.

 

En savoir plus sur maladie neuromusculaire, protection de revenus

 

A lire aussi sur les maladies neuromusculaires