Public, privé, pédagogie classique, alternative, école du quartier ou pas… Les questions de scolarisation des élèves handicapés en milieu ordinaire ou spécialisé sont nombreuses quand on inscrit son enfant handicapé à l’école. Le handicap en milieu scolaire pose question. Le point avec témoignages de parents sur les critères à examiner pour choisir.

Intégration des handicapés à l'école : les aménagements possibles

L’école est-elle prête à faire les aménagements nécessaires pour mon enfant handicapé ? L’Education nationale le stipule : « Chaque projet d’école et d’établissement doit comporter un volet sur l’accueil et les stratégies d’accompagnement des élèves à besoins éducatifs particuliers ». Néanmoins, toutes les écoles – y compris les écoles privées n’ont pas les moyens à disposition pour aménager les locaux au handicap de votre enfant ! Renseignez-vous auprès de l’établissement sur la politique d’intégration des handicapés à l'école. C’est ce qu’a fait Dorothée, la mère d’Abigaëlle, 3 ans, non-voyante :

« J'avais même rencontré la directrice d'une école maternelle privée Montessori proche de mon domicile, mais l'accueil (par exemple, pas de rampe d'accès pour les enfants à mobilité réduite, et aussi le fait que la directrice n'a pas parlé une seule fois à ma fille pendant la demi-heure d'entretien) et leur manque d'enthousiasme m'ont finalement fait opter pour l'école du quartier ».

Bon à savoir : si vous inscriviez votre enfant handicapé dans l’école publique de secteur mais que « la scolarité rend nécessaire le recours à un dispositif adapté » (type Ulis), l’enfant ou l’adolescent peut être inscrit dans un autre établissement scolaire », selon la loi 2005.

Faire le choix d’une pédagogie adaptée handicap ?

Certains parents souhaitent pour leur enfant une pédagogie alternative – (pédagogie alternative Freinet, pédagogie alternative Montessori, pédagogie alternative Steiner…). Rencontrez l’équipe de l’établissement en amont, pour voir si cette pédagogie et l’école sont adaptés au handicap particulier de votre enfant. « A l’origine, le travail de Maria Montessori a été initié au contact des enfants à besoin particulier, rappelle Françoise Néri, qui dirige l'école Montessori de Lyon. L’accueil des enfants en situation de handicap au sein de la communauté éducative est un premier pas pour changer le regard porté sur le handicap. » Cette école a donc mis en place un auxiliaire de vie scolaire payé par l’établissement.

Bon à savoir : ce n’est pas le cas partout, et parfois il n’est donc pas possible d’avoir d’AVS (lire ci-dessous).

Mon enfant pourra-t-il avoir une AVS/AESH dans cette école ?

Selon la loi, il n’est pas possible de demander un.e Auxiliaire de vie scolaire (AVS) ou Accompagnant des élèves en situation de handicap (AESH) pour un enfant scolarisé dans un établissement privé hors contrat. C’est le cas pour beaucoup d’écoles alternatives et d’écoles confessionnelles. Renseignez-vous bien, car dans ce cas, c’est aux parents eux-mêmes, ou à l’école de financer une AVS AESH si nécessaire. (Dans le public et pour les écoles privées sous contrat, c’est l’Etat qui paie le salaire des AESH).

Question logistique : cette école est-elle proche de la maison ?

Handicap ou pas, le quotidien sera rythmé par les trajets entre l’école et la maison, au moins deux fois par jour, sans compter les éventuelles séances de rééducation en journée. C’est notamment ce qui a décidé Dorothée, maman d’Abigaëlle, en petite section dans l’école publique de quartier. Au départ, elle envisageait une école Montessori, mais les premiers contacts n’ont pas été encourageants. « Et lorsque j’ai emménagé dans notre nouvel appartement situé au-dessus de l’école publique, j’ai pensé aussi au confort de vie que cela apportait pour Abigaëlle, sa sœur et moi. »

Inclusion scolaire des élèves handicapés : et la fratrie ?

La scolarisation des élèves handicapés en milieu ordinaire en famille est souhaitable quand elle est possible. Si le handicap de votre enfant le permet, pourquoi pas aller au plus simple pour l’organisation familiale et l’inscrire dans la même école que le reste de la fratrie ? C’est ce qu’a décidé Jean-François pour Colline, porteuse de trisomie 21, quand il a fallu réfléchir à l’entrée en maternelle. « Avec ma femme, nous avons toujours dit que l’on ferait au maximum pour Colline comme pour ses deux sœurs. Coline a fait quatre années en maternelle dans la même école que ses aînées. C’était plus pratique pour nous, et surtout les trois sœurs étaient fières d’aller "à la même école", malgré les différences ». De quoi stimuler au passage son enfant et l'aider à progresser !

La réputation de cette école pour les enfants avec handicap

Parlez avec la directrice ou le directeur de l’établissement, et mettez-vous en contact avec des associations de parents d’enfant avec handicap ou groupe de parole parents handicapés de la région. Les autres parents peuvent vous aider à y voir plus clair dans votre recherche. Christine, qui était « à fond pour le public », a, sur les conseils d’autres parents d’enfant porteurs d’un handicap mental comme son fils, préféré « faire quelques kilomètres en plus chaque matin et opter pour le privé : une école dont tout le projet d’établissement est basé sur l’inclusion scolaire des élèves handicapés. Je ne regrette pas d’avoir fait une entorse à mes principes, il s’y épanouit énormément. »

 

A lire aussi sur enfant handicapé et inclusion scolaire :