Quand on s’occupe au quotidien d’un conjoint gravement malade, on se refuse souvent – et c’est bien normal – à envisager le pire. Pourtant, il est important de prendre des mesures pour la pension de réversion. 

Demande de réversion : faut-il s’en occuper à l’avance ?

Il n’y a pas d’urgence absolue : « Après le décès, vous avez un an pour faire les démarches », explique Philippe Bainville, expert en législation retraite à la Caisse nationale d’assurance vieillesse (Cnav), la caisse des salariés du privé. Et comme l’effet est rétroactif, vous toucherez donc les sommes qui vous sont dues depuis le mois qui suit le décès. 

Attention cependant : la retraite de votre conjoint ne sera plus versée le mois suivant le décès, et comme il faut faire une demande de réversion, il peut se passer plusieurs semaines avant qu’elle ne vous soit versée. D’où l’intérêt de s’en préoccuper à l’avance, surtout si vos propres ressources sont limitées. 

Nous ne sommes pas mariés. Puis-je bénéficier de la réversion ? 

Hélas, la loi ne prévoit pas ce droit pour les concubins ou les pacsés. Il faut avoir été marié. Mais un mariage tardif, même à l’hôpital, pourra vous donner des droits à la pension. « Il n’y a pas de minimum de durée de mariage », pour la Cnav du moins, précise Philippe Bainville ; il peut être exigé un minimum de quatre ans de mariage si le conjoint travaille dans le public. 

En revanche, les caisses de retraite versent la pension à tous les époux. En d’autres termes, si vous n’avez été marié que quelques mois à votre conjoint, contre plusieurs années pour le conjoint précédent, vous ne pourrez en toucher qu’une partie, au pro-rata de la durée de l’union. 

Mon conjoint et moi sommes jeunes et n’avons pas droit à la réversion

Ce n’est pas vrai. « Vous devez avoir 55 ans pour obtenir la pension de réversion. Mais si l’on devient veuf plus tôt, on peut demander la pension de réversion une fois qu’on a atteint cet âge », explique Philippe Bainville. 

Comment aborder la pension de réversion avec mon conjoint ? 

« Souvent, le conjoint qui se sait condamné est celui qui va se préoccuper du bien-être de sa moitié », qui va se retrouver seule pour affronter la douleur mais aussi une foule de démarches administratives pour obtenir la pension de réversion, relate l’expert de la Cnav. 

Mais avant même d’aborder la question, on peut vérifier si on est tout simplement éligible de son côté. Il existe, selon les caisses, des critères d’âge et de ressources : pour la Cnav, il faut avoir 55 ans et ne pas avoir plus de 1676,13 euros de revenus par mois – d’où l’utilité de revoir et peut-être modifier le contrat de mariage s’il y en a un, car tous les revenus mobiliers et immobiliers sont pris en compte. 

Renseignez-vous auprès des caisses de retraite dont votre époux a pu dépendre ; il suffit d’une « toute petite activité » pour avoir droit à une retraite auprès d’une ou plusieurs caisses : 

  • la Cnav, pour les salariés du régime général (privé), agricole (MSA), les artisans (RSI) et les agents non-titulaires de la fonction publique ; 
  • le service des retraites de l’État (fonctionnaires d’État, enseignants, militaires) ou la CNRACL (fonction publique hospitalière, collectivités locales) ; 
  • pour les régimes spéciaux : RATP, SNCF, EDF-GDF, marine marchande, mineurs… ;
  • ne pas oublier la retraite complémentaire : l'Arrco et l'Agirc (salariés et cadres du privé), la RAFP (public) et l'Ircantec (agents non-titulaires du public). 

 

Qui peut m’aider dans les démarches en cas de décès de mon conjoint ? 

Ne pas hésiter à chercher du soutien : toutes ces démarches peuvent être faites par un tiers. Si vous n’avez pas d’enfants, un voisin ou une voisine, une personne de confiance, peuvent aider. 

N’hésitez pas à vous adresser à la mairie et plus particulièrement à son centre social (CCAS) : les travailleurs sociaux ont l’habitude de ces situations, ils ont les formulaires nécessaires sous la main, et peuvent aider à les remplir. « Ils peuvent aussi être courant d’autres dispositifs. Par exemple, veuvage temporaire, ou autres dispositifs locaux. » 

Pour plus d’informations, posez vos questions sur Conseiller info-retraite, le site du gouvernement.