L’Allocation d'éducation de l'enfant handicapé (AEEH) est insuffisante pour couvrir les charges de certaines familles, notamment lorsqu’elles doivent recourir à des tierces personnes rémunérées. La Prestation de compensation du handicap (PCH) est alors une alternative intéressante.

Les compensations à connaître 

Aide humaine 

Pour rémunérer des personnes ou dédommager un aidant familial qui apportent une aide pour les actes essentiels de la vie quotidienne (toilette, habillage, alimentation, participation à la vie sociale…), la surveillance ou l’exercice d’une activité professionnelle ou d’une fonction élective.

Aide technique

Pour acquérir des aides techniques (fauteuil roulant, lève-personne, plage braille, audioprothèse…).

Aménagement du logement, du véhicule ou surcoûts de transport

Pour couvrir les dépenses liées à l’aménagement du domicile (adaptation d’une salle de bain, rampes d’accès, élargissement des portes…) ou du véhicule (acquisition d’équipements spéciaux, aménagement du poste de conduite, comment financer sa voiture adaptée ?…) ou les surcoûts liés au transport (trajets réguliers ou départ annuel en congés).

Dépenses spécifiques ou exceptionnelles

Certains frais spécifiques (abonnement à un service de télé assistance, protections pour incontinence…) ou exceptionnels (frais d’installation d’une aide technique, surcoût pour des vacances adaptées…).

Aide animalière

Pour assurer l’entretien d’un chien d’assistance ou d’un chien guide d’aveugle.

L’ouverture des droits à la PCH

Pour bénéficier de la Prestation de compensation du handicap, il faut présenter une difficulté absolue pour une activité ou une difficulté grave pour deux activités (parmi une liste de 19 activités). La PCH enfants n’est pas liée à un taux d’incapacité. En revanche, pour la demander, il faut déjà avoir droit à l’un des compléments de l’AEEH.

Complément de l’AEEH ou PCH

Les parents doivent choisir : soit le complément de l’AEEH, soit la PCH. Ceux qui optent pour la seconde solution conservent néanmoins l’AEEH de base (130,12 € par mois au 1er avril 2016).

Quelle place pour les besoins éducatifs ?

Les besoins d’aides pris en compte sont les mêmes pour les adultes et les enfants (la liste des activités rendues difficiles ou impossibles est identique). Toutefois, les besoins éducatifs peuvent être considérés au titre de l’aide humaine dans certaines conditions. Cela concerne uniquement des enfants orientés dans un établissement médicosocial, en âge d’obligation scolaire (de 6 à 16 ans) et en attente de place. Comme pour l’AEEH, les besoins sont évalués en comparaison avec un enfant non handicapé du même âge.

Bénéficiaires de la PCH : les parents 

Les aidants familiaux peuvent être dédommagés par la PCH, que la personne handicapée soit un adulte ou un enfant. Si un majeur peut salarier ses parents dans certains cas, ce n’est pas possible pour un mineur. Le montant alloué pour dédommager les aidants est plafonné.

Le cas où les parents sont séparés a été envisagé. L’article D245-26, du code de l’action sociale et des familles, stipule que la PCH peut être affectée à la couverture des frais du parent n’ayant pas la charge permanente de l’enfant, sous condition d’un compromis écrit.

Aidant familial : une définition élargie

Avec la PCH pour mineurs, la définition de l’aidant familial a été étendue au « conjoint, concubin ou personne avec laquelle un parent de l’enfant handicapé a conclu un pacte civil de solidarité ainsi que toute personne qui réside avec la personne handicapée et qui entretient des liens étroits et stables avec elle » (article R245-7 du Code de l’action sociale et des familles).

À savoir avant de choisir entre PCH et AEEH

En règle générale, pour la prise en charge des besoins d’aides humaines le complément de l’AEEH sera plus intéressant que la PCH :

  • pour un très jeune enfant (car les critères d’accès à la PCH sont mal adaptés),

  • ou si vous avez réduit votre temps de travail ou arrêté de travailler,

  • compte tenu des difficultés liées au handicap pour l’accueil en crèche ou par une assistante maternelle,

  • ou si vous devez consacrer beaucoup de temps pour l’accompagner lors de soins ou pour mettre en œuvre des actions éducatives.

Le montant de la PCH est généralement supérieur à celui du complément de l’AEEH :

  • lorsque le temps d’aide pour les actes essentiels ou la surveillance est important,

  • en cas de recours, pour ces besoins d’aides, à un salarié.