La reconversion professionnelle suite à un handicap évolutif, une maladie professionnelle ou un accident du travail n’est pas toujours un choix. Comment rebondir ? Comment se former ? Comment retrouver un travail ? Quelles aides pour changer de métier ? On fait le point.

Tenter le reclassement interne

« Quand on est en emploi la première chose à faire est de voir quelles sont les possibilités de reclassement interne, avant de recourir au licenciement pour inaptitude », explique Eric Crispin, directeur d'établissement de L’Adapt Sarthe. « Des aménagements de poste pour travailleur handicapé voire des aménagements horaires sont possibles. Plus l’entreprise est importante, plus la personne reconnue travailleur handicapé aura de possibilités de se reclasser. L’entreprise peut bénéficier du financement de l’Agefiph pour les aménagements ». La personne peut contacter le Sameth, le service d’appui et de maintien dans l’emploi des travailleurs handicapés (financé par l’Agefiph), qui propose des aides et conseils aux employeurs et aux personnes handicapées à toutes les étapes de la démarche.

La reconnaissance de son handicap

Faites d’abord reconnaître votre handicap auprès de la MDPH. La reconnaissance de la qualité de travailleur handicapé (RQTH) va déterminer et faciliter votre orientation professionnelle. La RQTH c'est quoi ? « Tout est très long (3 à 6 mois pour obtenir une réponse). Envisagez le plus tôt possible de vous reconvertir afin de repenser votre projet professionnel. Car, quand on est demandeur d’emploi, c’est toujours plus compliqué de se reconvertir. Si l’on a un faible niveau de qualification, ou qu’on avait un métier physique, c’est également plus difficile. Il faut faire le deuil de son ancien travail, surtout si c’était un métier de cœur. En moyenne les personnes en reconversion ont autour de 40 ans, et ont un passé professionnel ».

Construire son projet de reconversion professionnelle

Le statut de travailleur handicapé permet à la personne qui en bénéficie de s’inscrire dans les dispositifs d’aide aux demandeurs d’emploi reconnus comme public prioritaire. Il faut d’abord s’inscrire à Pôle emploi. Vous pourrez ainsi participer à des ateliers destinés à faciliter vos recherches (préparation de l’entretien d’embauche, rédaction de CV…), envisager avec votre conseiller un parcours de formation pour personne reconnue travailleur handicapé ou un projet de création d’entreprise. En fonction de vos besoins, il vous oriente vers des prestataires spécialisés comme Cap emploi, des organismes de bilan de compétences, des spécialistes du handicap.  

 

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Les personnes handicapées peuvent avoir accès aux dispositifs de formation de droit commun © Istock

Faire appel à Cap emploi

Des dispositifs d’orientation professionnelle pour handicapé peuvent être activés soit par Cap emploi, soit par Pôle emploi, soit par la mission locale. Les conseils régionaux, les Agefiph ou les Centre de rééducation professionnelle (CRP) proposent également des programmes d’orientation et de réorientation. « Il existe notamment des stages de 2 à 6 semaines en entreprise : ce sont des périodes de mises en situation professionnelle qui permettent de vérifier si c’est ce qu’on veut faire ou si c’est ce qu’on peut faire », indique Eric Crispin.

Trouver une formation pour travailleur handicapé

Une fois orientées, les personnes handicapées peuvent avoir accès aux dispositifs de formation de droit commun, notamment le Congé individuel de formation (CIF). La RQTH permet également l’accès au contrat d’apprentissage et au contrat de professionnalisation sans restriction d’âge. L’Agefiph propose aussi des aides aux contrats en alternance. De leur côté, les organismes de formation doivent mettre en place des adaptations en proposant notamment : un accueil à temps partiel ou discontinu, une durée de formation adaptée, une évaluation des connaissances et des compétences adaptées.

Faire un stage de rééducation professionnelle

Par ailleurs, toute personne handicapée qui est devenue inapte à exercer sa profession, peut se voir proposer un stage de rééducation professionnelle, via la MDPH. Le stage permet d'apprendre un nouveau métier dans un centre de rééducation professionnelle (CRP). Cette formation débouche généralement sur un diplôme. Les CRP proposent des formations professionnalisantes dans de nombreux domaines : logistique, tertiaire, sécurité, bâtiment… Dans certains métiers il faut des prérequis (informatique). Il existe 95 CRP dans toute la France qui forment 13 000 personnes chaque année.

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