En arrêt de travail pour maladie chronique, Christine a dû se soumettre au contrôle régulier d’un médecin expert pour renouveler ses congés maladie. Un stress qui a aggravé sa myasthénie. Pour protéger sa santé, elle a demandé la retraite pour invalidité. Elle nous raconte son parcours pour partir à la retraite plus tôt avec un handicap.

Un contrôle médical incompatible avec la myasthénie

J’étais assistante sociale dans la fonction publique. Ma myasthénie s’est déclarée lorsque j’avais 47 ans. Pour le renouvellement de congé maladie, je devais, tous les six mois, passer devant un expert du comité médical, l’équivalent du médecin conseil dans le privé. C’était un médecin généraliste qui ne connaissait pas bien les maladies neuromusculaires. J’étais suspendue à sa décision pour savoir si mon congé serait prolongé ou non.

Comme je n’étais absolument pas en mesure de travailler, c’était un véritable stress de me soumettre à ce contrôle. Or, le stress majore les symptômes de la maladie. Un peu avant l’expertise et un peu après en attendant la réponse, je faisais des poussées myasthéniques, c’est-à-dire des crises qui paralysent certains muscles et entraînent une très grande fatigue.

C’est pourquoi, j’ai anticipé ma mise en retraite pour invalidité. Quand je l’ai obtenue, cela a été un grand soulagement. J’en ai vu les retentissements sur ma pathologie. De ne plus avoir cette épée de Damoclès au-dessus de ma tête, j’allais mieux.

La retraite pour invalidité des fonctionnaires : un avantage

Dans la fonction publique, la pension d’invalidité dont on peut bénéficier dans le secteur privé n’existe pas. A l’issue de leur congé pour longue maladie, les fonctionnaires sont mis directement en retraite pour invalidité, même s’ils n’ont pas atteint l’âge légal. Par le fait, ils sont mieux protégés. Cependant, la procédure est compliquée.

C’est le parcours du combattant, même pour moi qui étais assistante sociale. Pour obtenir cette retraite pour invalidité, j’ai vu des médecins experts, dont un neurologue. Heureusement, j’avais gardé absolument tous les comptes-rendus médicaux, toutes les prescriptions depuis le début de ma maladie. C’est ce qu’il faut faire : être méticuleux et ordonné.

Je conseille vivement de se faire accompagner pour sa demande de retraite pour invalidité. Lorsqu’on est en difficulté, on n’a pas toujours la capacité de se battre, de se faire raccrocher au nez, de recevoir des lettres types. Les associations de malades, notamment lorsqu’une assistante sociale y intervient, sont très aidantes. Dans le privé, il ne faut pas hésiter à contacter celles de la CPAM, la caisse primaire d’assurance maladie.

Retraite pour travailleur handicapé : financièrement c'est rude

J’avais un salaire de 2 200 euros lorsque je suis tombée malade. La retraite est calculée, pour les fonctionnaires, sur les six derniers mois de traitement. Cependant, étant partie plus tôt, ma retraite est amputée de 10 ans de cotisations. De plus j’ai travaillé à 80% lorsque mon fils était petit. Dans ce cas, un an est perdu tous les cinq ans. Aujourd’hui, je perçois 1 200 euros. Lorsque j’aurai 62 ans, ce sera la même somme.

Débarrassée du stress du contrôle médical, je vais mieux

La maladie est derrière moi. Je retravaille à présent. Je suis vacataire pour le rectorat et pour une Université. Je m’occupe des examens et des concours. Ce n’est pas régulier, mais cela me permet de compléter ma retraite. J’interviens aussi pour accompagner les étudiants handicapés. Parallèlement, je suis maître de Reiki et je dispense des soins, pour lesquels je suis, en partie, rémunérée à travers l’association que j’ai contribué à créer.

 

Remerciements

Merci à Christine Millot

 

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