Comment compenser les difficultés des adultes autistes pour trouver un emploi ? Avec le job coaching, une méthode anglo-saxonne d’accompagnement des personnes handicapées au travail testé par le centre de ressources autisme (CRA) de Limoges. Les explications de Charles Durham, psychologue et formateur.  

La participation au travail des autistes demeure anecdotique : ils sont très peu à bénéficier d’une place dans un ESAT (établissement et service d’aide par le travail). Quant à l’intégration professionnelles des personnes handicapées en milieu ordinaire, elle échoue régulièrement faute de suivi. Des solutions existent pourtant afin de garantir une intégration professionnelle réussie. Les explications de Charles Durham, psychologue et formateur.

En quoi consiste le job coaching ?

Le job coaching vise à préparer et à accompagner un adulte autiste tout en aménageant son poste de travail et son environnement. Cette méthode concerne aussi bien les autistes de haut niveau et les Asperger que les autistes présentant un retard mental léger. L’expérience nous prouve que les difficultés d’intégration des adultes autistes ne sont pas liées à leurs aptitudes professionnelles – la majorité est capable de travailler – mais à leurs lacunes en terme de compétences sociales et de communication, des règles de savoir-vivre en entreprise.

Or la vie en entreprise suppose des relations avec des supérieurs hiérarchiques et des collègues de travail. Sans accompagnement, l’environnement est très peu compréhensible et très imprévisible pour la personne autiste. Cela peut générer une difficulté à comprendre les consignes et des réactions inappropriées.

 

Le coach procède à une adaptation matérielle et technique du poste © Istock

Le job coach face aux difficultés d’organisation du travail

Il intervient en amont pour évaluer les aptitudes du salarié handicapé (son potentiel de travail, son comportement) ainsi que les besoins du poste (compétences techniques) et son environnement physique et socio-affectif (disposition du bureau, personnalité des collègues). À partir de ces données, il procède à une adaptation matérielle et technique dans le but de faciliter le bon déroulement des tâches à accomplir : des schémas de travail écrits ou imagés, un emploi du temps qui illustre les séquences pause-travail, la mise en place de paravents pour éviter la proximité, etc. Il peut aussi enseigner au salarié des modes de communication pour faire face à certaines situations : signaler que la tâche est finie, signaler un problème, etc.

Le job coach face aux difficultés relationnelles

Le job coach informe l’employeur et les futurs collègues sur l’autisme et les troubles associés. Ce faisant, il repère les personnalités les plus à même de comprendre et de s’adapter au profil du salarié. Puis, une fois la prise de poste effective, le job coach répond à chaque difficulté relationnelle lorsqu’elle se présente. Il est important de ne pas laisser les incompréhensions s’accumuler. Il peut arriver qu’un adulte autiste suive le règlement à la lettre et rapporte systématiquement les « écarts » de ses collègues auprès de sa hiérarchie, ce qu’ils vivent très mal si aucune explication n’est donnée. Même chose si un travailleur autiste se met à insulter ses collègues parce qu’il interprète mal leur humour.

Les résultats qu’on peut attendre de la méthode job coaching

En Caroline du Nord où ce concept est né, 90 % des tentatives d’intégration des salariés handicapés dans l’entreprise sont aujourd’hui couronnées de succès. En France, le concept reste assez peu développé, mais l’expérience est également probante. Sur les 17 travailleurs autistes suivis à Limoges entre 2006 et 2007, 8 ont trouvé un emploi durable. La grande force de cette méthode réside dans sa pérennité. Même si les temps d’accompagnement sont dégressifs, le job coach intervient auprès de l’adulte autiste autant que nécessaire.

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