Les membres de la famille peuvent suivre des formations à certaines techniques pédagogiques. Se former exige non seulement un investissement en temps, mais aussi en argent. Quelles sont les aides AEEH pour l’éducation spéciale ? 

Formation aux parents à tout prix ?

Les associations de parents s’efforcent de rassembler fonds et subventions pour organiser des formations pour parents. La participation financière demandée aux familles est donc souvent modique : de 15 € environ pour une demi-journée à 90 € pour cinq jours. Dans les organismes agréés, les coûts sont ceux de la formation professionnelle continue, soit en moyenne 300 € par jour. Certains choisissent cependant d’accueillir gracieusement les parents ou de leur accorder un tarif réduit. Les sommes à débourser peuvent être astronomiques, ce qui n’est en rien un gage de qualité : des parents nous ont confié avoir dépensé près de 10 000 € par an pour un programme de formation dispensé aux États Unis.

Frais de formation des parents dans le dossier d’AEEH ou de PCH

Les frais de formation engagés par les familles peuvent être pris en compte dans le cadre des compléments de l’AEEH (allocation d’éducation de l’enfant handicapé), ou de la PCH (prestation de compensation du handicap) et son quatrième volet dédié aux frais exceptionnels (jusqu’à 75 % du montant total de la formation, dans la limite de 1 800 € sur trois ans). Vous pouvez donc joindre dans votre dossier de demande les justificatifs de toutes vos dépenses, non seulement du prix de la formation (soit le devis si elle n’a pas encore eu lieu, soit la facture acquittée), mais aussi des frais de transport et d’hébergement occasionnés. Ces dépenses ne seront pas à proprement parler remboursées, mais donneront peut-être lieu à l’attribution d’un complément temporairement plus élevé, et l’aide pourra être renouvelée chaque année. Le plus : un certificat médical expliquant en quoi la formation est complémentaire du suivi médical et paramédical déjà engagé.

Prise en charge du complément d’allocation d’éducation spéciale

Expressément cités dans les textes officiels (arrêté du 24 avril 2002 relatif aux conditions d’attribution des six catégories de complément d’allocation d’éducation spéciale), les stages de langue des signes sont ceux qui font le plus souvent l’objet de demandes de prise en charge. Cependant, les commissions examinent toutes les demandes. Selon les départements, les maisons départementales des personnes handicapées (MDPH) se montrent plus ou moins ouvertes : les stages pour le programme Makaton sont pris en compte de façon systématique dans l’Isère, mais de façon plus aléatoire dans le Rhône. De même, les formations au système d’échanges d’images Pecs ont été acceptées pour des parents résidant dans l’Ain, mais refusées pour d’autres en Loire-Atlantique. De fait, il n’existe pas de liste de formations reconnues ou non, et les MDPH disent considérer les demandes au cas par cas. La formation des parents doit être en lien avec le handicap et apporter un plus à l’enfant. Et c’est dans ce sens qu’il faut argumenter.

L’allocation d’éducation spéciale selon la loi

Sont pris en compte « les frais de formation de membres de la famille à certaines techniques (stages de langue des signes, travail sur la communication…) dans la mesure où ils entrent bien dans le cadre du projet individuel de l’enfant et des préconisations de la MDPH. Peuvent être assimilées à ces frais certaines prises en charge des membres de la famille, directement liées au projet individuel de l’enfant » (arrêté du 24 avril 2002).

D’autres aides possibles pour l’éducation spéciale

En complément de l’aide accordée par les maisons départementales, il est possible de solliciter un coup de pouce financier auprès de sa mutuelle, de sa mairie, d’une fondation (lire ci-dessous), d’un Rotary ou d’un Lion’s Club.

Les fondations et les entreprises

En général, les fondations apportent leur soutien plutôt à des associations qu’à des parents individuellement, mais il peut être intéressant de les contacter. Certains parents réussissent aussi à faire financer leur formation par leur entreprise. Quelques-uns ont pu profiter du DIF (droit individuel à la formation) pour financer ces formations. Mais depuis le 1er janvier 2015, le DIF a été remplacé par le CPF (Compte personnel de formation) qui ne peut en théorie que permettre des formations expressément liées au travail effectué par le salarié.

 

Ressources :