Les neurofibromatoses

Il existe plusieurs types de neurofibromatoses : dont la neurofibromatose de type 1 - NF1, et la neurofibromatose de type 2 – NF2.

La neurofibromatose de type 1 - NF1

La NF1 (ou maladie de von Recklinghausen se caractérise principalement par des taches café au lait sur la peau et des tumeurs situées le long des gaines nerveuses, appelées neurofibromes.

L’incidence de la maladie à la naissance serait de 1 sur 3 500.

La prévalence de la maladie (nombre de personnes atteintes dans une population donnée à un moment donné) a été évaluée à 23 sur 100 000 (soit environ 1 sur 4 350).

La maladie, présente dès la naissance, résulte d’une mutation génétique, elle touche les personnes des deux sexes quelle que soit l’origine géographique.

La NF1 est une maladie autosomique dominante et peut se transmettre. Un malade a un risque sur deux de transmettre la maladie à ses enfants. Les néo-mutations sont fréquentes, 50 % des cas.

Localisé sur le chromosome 17q11.2, le gène responsable rend inactive une protéine, la neurofibromine dont le rôle est la suppression des tumeurs. L’absence de cette protéine amène donc le développement anarchique de tumeurs.

Il s’agit d’un gène de très grande taille. Les anomalies sont très nombreuses et extrêmement variables d’un malade à l’autre, il existe des formes mineures ou très sévères (25% des cas).

La recherche des mutations dans ce gène est difficile.

L’expression clinique de la maladie étant extrêmement variable d’un malade à l’autre, il est impossible à ce jour de prédire à l’avance la gravité de la maladie et son évolution. Chaque cas est particulier.

Il est possible que d’autres gènes interviennent dans la variabilité d’expression de la maladie en modifiant l’action du gène NF1. La recherche tend à valider l’existence de ces « gènes modificateurs », ce qui permettrait d’expliquer la grande diversité des manifestations constatées :

  • Les neurofibromes cutanés : des tumeurs bénignes (non cancéreuses) mais qui peuvent avoir un retentissement esthétique important et altérer considérablement la qualité de vie des malades.
  • Les gliomes des voies optiques : des tumeurs cérébrales qui surviennent particulièrement chez les enfants.

Des neurofibromes peuvent se développer sur des racines nerveuses provenant de la moelle épinière.

  • La macrocéphalie (gros crâne) est assez fréquente.

Des difficultés d’apprentissage et des troubles cognitifs sont constatés chez 40% environ des enfants atteints, sans véritable déficience intellectuelle.

  • Les manifestations oculaires sont liées à l’atteinte de l’œil (gliome), des paupières ou de l’orbite.
  • Les manifestations osseuses : pseudarthrose au niveau du tibia ou du radius et déformation vertébrale (cypho-scoliose) souvent sévère.
  • Les manifestations viscérales : neurofibromes profonds de l’espace situé entre les deux poumons (cavité médiastinale), des tumeurs de l’appareil digestif ou de la vessie.
  • Les manifestations endocriniennes : phéochromocytome (tumeur des glandes surrénales) à l’origine d’une hypertension artérielle.
  • Les manifestations vasculaires peuvent toucher tous les vaisseaux. Cependant, l’artère rénale est le plus souvent atteinte, ce qui peut entrainer une hypertension artérielle.

Un même malade n’a jamais tous ces signes en même temps et les formes graves représentent environ 25% des cas.

Les tumeurs cancéreuses sont rares mais graves (tumeurs malignes des gaines nerveuses).

Il n’existe pas de traitement médical de la maladie. Les seuls traitements possibles sont ceux des complications et il convient d’instituer une surveillance régulière adaptée à l’âge du malade et à la gravité de son atteinte.

Il existe actuellement dans plusieurs centres hospitaliers régionaux, en France, des consultations multidisciplinaires qui permettent de regrouper tous les spécialistes nécessaires au suivi de la maladie : dermatologues, neurologues et neurochirurgiens, ophtalmologistes, orthopédistes, oncologues …

La neurofibromatose de type 2 - NF2

La NF2 est différente de la NF1 aussi bien sur le plan clinique que sur le plan génétique (chromosome 22).

Les tumeurs de la NF2 sont des schwannomes, des méningiomes et épendymomes qui posent problème selon leur localisation et leur volume. Elles peuvent provoquer des lésions neurologiques très sévères, entrainant notamment une surdité.

L’incidence de la maladie à la naissance serait de 1 sur 40 000.

La prévalence de la maladie (nombre de personnes atteintes dans une population donnée à un moment donné) a été évaluée à 1,7 sur 100 000 (soit environ 1 sur 58 820).

Les autres neurofibromatoses

D’autres formes rares existent : la schwannomatose (proche de la NF2), la neurofibromatose segmentaire caractérisée par les mêmes manifestations que la NF1 mais à localisation corporelle limitée, le Syndrome de Légius qui ne comporte que des manifestations cutanées.

La recherche

Les recherches se poursuivent sur le plan génétique afin d’étudier les relations entre les types de mutations et les manifestations cliniques et d’essayer de comprendre la grande variabilité d’expression de la maladie.

Plusieurs programmes de recherche clinique sont consacrés à l’amélioration de la prise en charge de la maladie.

L’association Neurofibromatoses et Recklinghausen et sa « Fondation CAP NF » apportent chaque année des fonds pour des programmes de recherche validés par le conseil scientifique présidé par le Pr Pierre WOLKENSTEIN.

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