C’est demain ou aujourd’hui ? J’y vais en bus ou à pied ? Le repérage dans le temps et l’espace ne va pas de soi avec un handicap mental. Petite liste non exhaustive des outils et astuces à développer pour gagner en autonomie.

Se souvenir d’un rendez-vous, se rappeler une tâche à effectuer, anticiper sa préparation : autant d’impératifs pour qui souhaite goûter une vie (plus) autonome. Le problème, c’est que « le temps ne veut rien dire quand on a un handicap mental, rappelle Luc Gateau, président de l’Unapei (Union nationale des associations de parents, de personnes handicapées mentales et de leurs amis). La journée est rythmée par les activités. S’il y a un changement d’heure, on ne le perçoit pas. » D’où la nécessité de recourir à divers outils pour se repérer dans le temps et permettre une structuration concrète des différents moments de la journée ou de la semaine.

Le temps qui passe : comment lui trouver des repères ?

Avant toute chose, « il faut décoder le fonctionnement de la personne et observer ce qui fait sens pour elle », recommande Coryne Husse, présidente des Papillons blancs de Roubaix-Tourcoing. Pas de modèle unique à suivre à la lettre, donc, mais un système souvent artisanal imaginé avec l’intéressé, en fonction de sa sensibilité et de la manière dont il perçoit son environnement. Certains auront besoin d’images sur support papier (pictogrammes, photos), quand d’autres se sentiront plus à l’aise avec une tablette numérique.

En magasins : quels outils pour se repérer dans le temps ?

Côté numérique, des applications handicap viennent aider l’utilisateur à distinguer les différents moments de la journée et de la semaine – c’est par exemple le cas de ÇATED, une application tablette dédiée aux personnes souffrant de troubles du spectre autistique (TSA). D’autres proposent une illustration concrète du temps qui passe ou encore le découpage par séquences d’une tâche précise (le Time in et Séquences, développées par Auticiel).

Vous trouverez également divers timers permettant de visualiser la durée, notamment chez Hoptoys. Sous forme de synopte (combinaison d’une horloge, d’un timer et d’un emploi du temps), de montres, de plannings ou de sabliers électroniques, ils accompagnent les personnes atteintes de handicap mental dans la gestion de leur temps.

Applications handicap pour se repérer dans le temps ©Istock

Comment construire un emploi du temps ?

Que vous l’achetiez ou que vous le construisiez vous-même, un planning – par semaine, par journée ou par demi-journée – se révèle indispensable : il aide ceux et celles qui souffrent de troubles cognitifs à se repérer dans le temps et à identifier les activités au programme. Vous pouvez l’agrémenter d’étiquettes mobiles ou de scratchs destinés agripper un pictogramme – les visuels favorisant le repérage des tâches prévues (petit-déjeuner, lessive, courses, etc.). Selon l’outil qui lui convient le mieux, l’adulte handicapé mental pourra indiquer qu’une action est terminée en la barrant au crayon, ou encore en glissant le pictogramme qui la symbolise dans une boîte dédiée aux activités réalisées.

Des repères temporels adaptés aux goûts de chacun 

Pour ne pas rater l’heure d’un rendez-vous ou d’une prise de médicaments, il est nécessaire d’attirer l’attention des personnes handicapées mentales au moyen d’un stimulus qui leur est familier. Si certaines réagiront à la sonnerie d’une alarme, d’autres auront besoin d’une accroche visuelle correspondant à leurs propres repères. Coryne Husse cite ainsi le cas d’une jeune femme dont le pilulier indiquait, comme à l’accoutumé, « matin, « midi » et « soir ». Des indications dénuées de sens pour la patiente, avec qui l’association des Papillons Blancs a donc imaginé un pilulier aux repères temporels associés à ses couleurs préférées.

De la même façon, les programmes télévisés peuvent être un recours pour ceux qui la regardent assidûment. C’est l’un des exemples cités par Fabienne de Oliviera, présidente de l’association I.S.R.A.A. (Innover, sensibiliser, réagir pour l’avenir des personnes autistes), à l’origine de la résidence habiTED, un ensemble de logements adaptés pour personnes atteintes de troubles autistiques situé en milieu ordinaire. Elle évoque en effet l’un des locataires qui « déjeunait uniquement au moment des Douze coups de midi sur TF1. » Un bon moyen de penser à manger - encore faut-il avoir prévu un « plan B » pour les jours où l’émission n’est pas diffusée…

Prévoir des repères spatio-temporels

« Il est important que les repères visuels soient également inscrits dans le bâti, ajoute Coryne Husse. Ils donnent des indications de temps et aident la personne à comprendre ce qu’elle doit faire lorsqu’elle arrive dans tel ou tel espace. » Vous pouvez ainsi organiser l’espace de sorte que le logement apparaisse clairement composé de zones différenciées, selon les actions qu’on y réalise – la toilette, les repas, les loisirs, etc. – et y associer par exemple une couleur ou une photo décrivant l’activité en question.

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