Comment vivre seul dans un logement privatif, sans souffrir de l’isolement et sans avoir à organiser l’accompagnement humain ? Des parents d’adultes en situation de handicap y ont réfléchi. Une solution possible, oui, à condition d’y penser au préalable pour s’organiser !

Des parents se sont interrogés pour l’avenir de leur enfant après 20 ans, dans l’espoir de trouver des alternatives à la vie en institution. La tendance est au logement in­dividuel pour favoriser l’autonomie des personnes handicapées, concept qui s’articule autour de trois idées :

  • le logement est intégré dans un ensemble qui réunit logements ordinaires et logements adaptés ;
  • le locataire (votre enfant) est en relation directe avec le bailleur ;
  • il a la garantie d’une pré­sence constante (ou quasi constante) d’une ou d’un auxiliaire de vie, grâce à la mutuali­sation des aides humaines (PCH).

Les collectifs et associations de parents

Une récente forme d’habitat adapté a été conçue et mise en œuvre par Ti’Hameau, un collectif de parents, devenu promo­teur. Une résidence pilote avait été mise en place à Caen, avec quinze logements, dont huit réservés à des personnes handicapées (infirmité mo­trice cérébrale, tétraplégie, myopathie, défi­cience intellectuelle légère, etc.). Entre temps, plusieurs résidences ont vu le jour chez Ti’Hameau : une au Havre (vingt-cinq logements, dont douze adaptés), une dans la Creuse, et une autre à Cherbourg. Et en projet, une livraison de résidences à Beauvais et Strasbourg.

« Les conditions d’ad­mission sont simples : il suffit d’être âgé d’au moins 20 ans et d’être bénéficiaire de la PCH (avec au moins trois heures d’aides humaines ou de surveillance pour la mutualisation) », indique Jean-Luc Ryckeboer, fondateur de Ti’Hameau.

D’autres initiatives existent, portées par des familles, comme l’association Main-Forte, qui a mis en place un « appartement regroupé » à Lannion, dans les Côtes‑d’Armor, en octobre 2010. Ou encore des réalisations comme Gâte-Argent à Angers, un concept mis en œuvre par l’AFM et dénommé habitat services : dix logements adaptés équipés en domotique pour des personnes lourdement handicapées sont intégrés dans un ensemble de quarante logements sociaux, du type 2 au type 4.

La force des collectivités locales

La formule est appréciée, et les rotations sont rares. Pour Jean-Luc Rycke­boer, l’essentiel est qu’il existe une volonté locale : « Nous n’irons pas voir un bailleur ou une collectivité locale pour proposer notre concept sans avoir été sollicités. Par contre, nous pouvons travailler avec des collectifs de parents et des délégations d’associations nationales telles que l’APF (Association des paralysées de France), l’AFM, etc. » Chez Ti’Hameau, on estime à quatre ans le temps nécessaire pour voir un projet aboutir.

 

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