Bien comprendre la façon dont l'enfant infirme moteur cérébral, traumatisé crânien ou atteint d'une maladie neuromusculaire utilise ses muscles et ses articulations permet de choisir les traitements adaptés.

Pour qui et à quel âge l’AQM 

L’analyse quantifiée de la marche (AQM) concerne tous les enfants ayant des troubles de la marche : en majorité les jeunes infirmes moteurs cérébraux (IMC), mais aussi ceux qui ont subi un traumatisme crânien ou qui sont atteints de maladies neuromusculaires évolutives (myopathies, maladie de Strümpell-Lorrain, ataxie de Friedreich, syndrome Triple H, etc.).

Il faut que les enfants soient capables de marcher de manière autonome sur au moins vingt mètres, idéalement de cinquante à cent mètres, et qu’ils coopèrent avec l’examinateur. En pratique, l’analyse peut être proposée à partir de l’âge de 4 ans.

Le but et le déroulement de l’examen de la marche

Au fur et à mesure que l’enfant grandit, les déséquilibres de ses tendons, muscles et os ont tendance à s’aggraver. Surtout, il va trouver des stratégies pour contourner ses difficultés, et ces compensations entraîneront de nouveaux déséquilibres. « Il faut suivre l’enfant dès l’acquisition de la marche afin de décoder rapidement les premiers problèmes, estime Paul Filipetti, médecin de médecine physique et de réadaptation (MPR) au centre national de rééducation fonctionnelle et de réadaptation Rehazenter du Luxembourg. Le but est de prendre les devants pour empêcher que des anomalies, dues à la croissance et aux compensations, s’ajoutent au handicap originel. »

Après avoir été mesuré sous toutes les coutures, l’enfant est filmé, en train de marcher, par plusieurs caméras infrarouges placées face à lui, de profil et au-dessus de lui. Il passe sur un tapis qui indique comment ses pas s’organisent dans l’espace et le temps. L’examinateur a collé au préalable des marqueurs sur la peau de l’enfant, au niveau des articulations, et des électrodes de surface sur les muscles de ses jambes. Pour le bon déroulement de l’examen, comptez une demi-journée en tout et prévoyez des sous-vêtements ou un maillot de bain qui laissent les jambes et le bassin bien visibles. Un conseil pour les ados : se raser les jambes afin d’éviter l’« épilation forcée » au moment de décoller les électrodes !

L’analyse quantifiée de la marche permet de décortiquer la façon dont l’enfant utilise ses muscles et articulations à chaque pas. Elle mesure les forces en jeu, les amplitudes articulaires, l’activité musculaire.

L’AQM en pratique 

Prescrite par un médecin de rééducation fonctionnelle, l’analyse quantifiée de la marche est prise en charge par la Sécurité sociale. Pour connaître les laboratoires qui pratiquent cet examen, consultez le site de la Société francophone de l’analyse du mouvement chez l’enfant et l’adulte.

Examen de la marche : l’avis de la maman   

Florence est la maman de Gabriel, 6 ans, atteint du syndrome de Little.

L’examen a montré le problème. Gabriel est suivi au centre de rééducation et de réadaptation fonctionnelles de Kerpape depuis l’âge de 17 mois. Il n’a pas encore acquis une marche autonome. Aujourd’hui, il peut faire trente à quarante mètres seul, ou plus si on lui tient la main. Son médecin a demandé qu’il fasse une première analyse quantifiée de la marche il y a un an pour mieux comprendre ce qui n’allait pas, et une autre quatre mois plus tard pour constater son évolution. Nous trouvions que Gabriel avait fait des progrès, mais il ne voulait pas se soumettre à l’exercice ce jour-là ! Grâce à ces examens, nous avons compris qu’une contraction excessive des muscles à l’intérieur des cuisses faisait se cogner les genoux. Le médecin a donc prescrit le port d’attelles de dérotation, qui forcent les genoux à s’écarter en les tirant vers l’extérieur. Elles ont été ajustées sur Gabriel à l’aide d’enregistrements vidéo. Quand il les porte, il est bien corrigé. Mais il refuse de les mettre, alors il faut négocier…