Il n’existe pas d’aide à l’achat du véhicule, mais plusieurs possibilités existent pour vous aider à financer l’aménagement du vôtre, qu’il s’agisse de modifier le poste de conduite ou les modalités d’accès au véhicule.

L’aide pour adapter son véhicule auprès de la MDPH

Tout d’abord, faites une demande d’aide au transport pour aménagement de véhicule adapté au titre de la prestation de compensation du handicap (PCH) auprès de la Maison départementale des personnes handicapées (MDPH) de votre département. Ce n’est pas la seule aide disponible, mais leurs administrations sont débordées et l’instruction du dossier peut prendre six mois et plus. Or, vous ne pourrez pas acheter votre véhicule adapté ou faire les travaux sans avoir l’accord de la MDPH, sans quoi l’aide ne vous sera pas versée ! Ce qui peut poser problème si vous voulez acheter un véhicule d’occasion.

Quel montant pour la PCH 2019 ?

Jusqu’à 1500 €, les frais d’aménagement de la voiture sont entièrement pris en charge (ou à 80 % si les ressources personnelles dépassent un certain montant). Le restant de la somme est remboursée à 75 %, dans la limite maximale de 5000 € pour une durée de cinq ans. En savoir plus sur les tarifs PCH 2019.

La PCH n’est attribuée que si le demandeur réside en France, présente un handicap définitif ou d’au moins un an générant des difficultés graves dans sa vie quotidienne et a moins de 60 ans - sauf s’il travaille toujours après 60 ans ou que la MDPH peut établir que le handicap était avéré avant ses 60 ans.

En général, mais pas dans tous les départements, il existe un fonds départemental de compensation du handicap (FDC), également géré par la MDPH, qui complète la PCH. Le montant de l’aide allouée dépend des départements et prend en compte le revenu fiscal de référence du demandeur, son quotient familial, le type de projet, le montant des aménagements et celui du reste à charge. A Paris, 30 % du devis est ainsi pris en charge, dans la limite de 3 500 € - en plus de la PCH, donc.

Aménagement du poste de conduite

Pour tout ce qui concerne l’aménagement du poste de conduite, « la prise en charge s’applique aux aménagements liés aux mentions précisées sur le permis de conduire qui ont été posées par la préfecture (par exemple, conduite avec un embrayage adapté, avec un frein adapté) », explique Aurore Anotin, de la Caisse nationale de solidarité pour l’autonomie (CNSA). Il faudra donc aller voir un médecin agréé et faire modifier votre permis en préfecture avant de constituer votre dossier.

Découvrez le guide Conduite pour tous : comment conduire malgré le handicap (Sécurité routière).

Aides à la mobilité professionnelle

Si le demandeur travaille, est demandeur d’emploi ou présente un projet de formation professionnelle, il peut avoir accès à des aides supplémentaires.

Les salariés du secteur privé et les travailleurs indépendants doivent s’adresser à l’Association de gestion du fonds pour l'insertion des personnes handicapées (Agefiph). En cas d’accord, l’aménagement du véhicule sera pris en charge à 50 %, dans la limite de 5 000 € versés. L’aide est renouvelable tous les 5 ans.

Les agents de la fonction publique feront quant à eux une demande auprès du Fonds pour l’insertion des personnes handicapées dans la fonction publique (FIPHFP). Après déduction des autres financements obtenus, l’organisme peut prendre en charge l’aménagement d’un véhicule personnel dans la limite de 7 500 € pour 3 ans.

Les autres aides pour adapter son véhicule

Certains aménagements peuvent coûter plus de 70 000 €. Il faut donc aller chercher des financements partout !

D’autres organismes peuvent en effet vous aider : n’hésitez pas à demander à votre mutuelles, à la Caisse primaire d'assurance maladie (CPAM, au titre des prestations supplémentaires ou de l'aide financière exceptionnelle), à votre comités d’entreprises  ou votre caisses de retraite, à la Caisse d’allocations familiales (CAF), au Centre communal d’action sociale (CCAS) de votre ville, mais aussi à certaines Fondations comme la Fondation de France ou la Fondation Claude Pompidou. De même, les associations, notamment celles qui apportent leur soutien aux personnes handicapées, ou les organisations philanthropiques telles que le Rotary club et les Lions club, apportent parfois une contribution financière.

Contactez une assistante sociale ou rendez-vous à votre Centre communal d’action sociale pour vous renseigner.

Malgré vos nombreuses démarches, le reste à charge reste trop élevé pour vous ? N’abandonnez pas votre projet, il existe d’autres solutions. Si les aménagements donc vous avez besoin ne sont pas trop spécifiques, vous trouverez peut-être votre bonheur parmi les annonces de véhicules d’occasion déjà adaptés. L’aide de la PCH peut d’ailleurs s’appliquer dans ce cas, à la condition que vous disposiez du devis expliquant les aménagements réalisés et que ceux-ci n’aient pas été financés au bénéfice du propriétaire qui les a fait faire.

Pour des déplacements plus ponctuels, tournez-vous vers Wheeliz : cette plateforme collaborative propose des locations de véhicules aménagés entre particuliers. Enfin, l’organisation d’une cagnotte ou d’une campagne de financement participatif (crowdfunding) est une option à étudier de près. Si vous expliquez bien les raisons de votre projet et le détail de vos démarches, vous avez des chances de convaincre le grand public d’y contribuer.​

Témoignage de financement de voiture aménagée handicapé

Camille Gousset, jeune journaliste, est handicapée moteur depuis sa naissance. Passionnée par les voitures et rêvant d’indépendance, elle entreprend de passer son permis de conduire avant de se mettre en quête de financements pour l’aménagement voiture pour handicapé. Un parcours du combattant de trois années avant de glisser derrière le volant de celle qu’elle surnomme « La Goussette ».

« La voiture tout équipée valait 71 839,01 € : 23 226,82 € pour la voiture et 48 612,19 € pour l’aménagement voiture handicapé. Il fallait qu’elle soit décaissée pour gagner de la hauteur intérieure et, comme je conduis dans mon fauteuil électrique, que le poste de conduite soit adapté : une boule au volant, un levier pour freiner ou accélérer et des commandes vocales pour les autres fonctions (clignotants, phares, klaxon...).

J'ai monté de nombreux dossiers de demandes d'aides de financement. Je me suis d’abord adressée à la MDPH, où j’ai obtenu 5 000 € au titre de l’aide à l'aménagement du véhicule, plus le fond de compensation (l’État, le Conseil général, l’assurance maladie, le Conseil Régional d’Ile de France), qui aide à hauteur des moyens de la personne, soit un total de 28 800 €. Je voulais me tourner vers des fondations ou des mécènes, mais ils ne soutiennent que des projets associatifs. Pour l'AGEFIPH, il fallait soit être en emploi, soit avoir une promesse d'embauche certifiant le besoin d'être véhiculée. Je n'avais ni l'un ni l'autre, mais j'ai finalement trouvé un contrat civique à l'APF qui m'a permis d’obtenir 19 000 € d'aides (9 000 € pour l'achat du véhicule et 10 000 € pour l'aménagement voiture handicapé).

Puis j’ai décidé de tenter le financement participatif, épaulée par l'association Rotary Actions 1640 qui avait déjà récolté plus de 6 400 € en dons directs. J'ai réalisé ma campagne sur la plateforme Arizuka, dédiée aux projets solidaires associatifs. Plus d’une centaine de personnes ont répondu présent et mon objectif de départ a été largement dépassé : en 50 jours, j'ai récolté plus de 12 000 € ! Les contributeurs ont été touchés par le projet, par le prix qu’il représente et, je crois, par la présentation que j’en avais faite.

J'ai complété le tout à hauteur de 6 000 € - cela me semblait tout à fait normal de financer moi-même une partie de la voiture. Je ne demandais pas à être assistée, mais accompagnée et soutenue. »