Martin Houdou, 24 ans, est atteint d’une myopathie facio-scapulo-humérale, associée à une légère déficience intellectuelle. Tétraplégique et porteur d’une trachéotomie, il n’en garde pas moins le désir de sortir aussi souvent que possible. Alors, pour que sa famille et ses auxiliaires de vie puissent le véhiculer, ses parents se sont mis en quête d’une voiture qu’ils ont fait aménagée spécialement pour lui. Sa mère Estelle revient pour Hizy sur le choix et le financement de l’indispensable auto.

Comment avez-vous choisi la voiture de Martin ?

Martin doit rester en permanence dans son fauteuil électrique, qui ne se plie pas, prend beaucoup de place et pèse très lourd : on ne peut le transporter qu’avec un véhicule aménagé. Mais il faut un type de voiture particulier quand vous avez besoin de mettre un fauteuil à l’arrière, une sorte de fourgon avec une certaine hauteur sous plafond. Forcément, c’est plus cher. Nous avons choisi un modèle adapté aux dimensions du fauteuil – celui de Martin est particulièrement gros – et nous avons acheté la voiture d’occasion car nous savions qu’il ne ferait pas beaucoup de kilomètres. Elle nous a coûté 13 000 €. Ensuite, il a fallu faire faire des modifications, notamment le décaissage du coffre pour que Martin puisse s’installer et l’installation d’une rampe d’accès – que nous avons préféré prendre manuelle, car notre fils est un peu brise-fer !

 

Quelles aides avez-vous obtenues pour le financement de ces aménagements ?

L’ensemble des modifications s’est monté à environ 6000 € et les aides que nous avons obtenues à l’époque ont entièrement couvert cette somme : en plus de la PCH, qui donne droit à 5000 € pour l’aménagement du véhicule, certains départements dont le nôtre bénéficient d’un fonds de compensation qui prend en charge le surcoût des aides techniques. Mais c’était il y a dix ans. A l’époque, le fonds de compensation n’était pas soumis aux revenus des bénéficiaires… Le problème aussi, c’est que les voitures changent. Les normes de sécurité et la technologie évoluent et offrent plus de possibilités. On est capables aujourd’hui de proposer des aménagements de véhicule extrêmement qualitatifs pour des personnes qui ont très peu de mobilité, mais cela coûte très cher.

 

Jusqu’à combien peut coûter l’aménagement d’une voiture ?

J’ai un collègue en fauteuil qui conduit. Il va bénéficier d’un poste de conduite adapté avec joystick. Les aménagements de ce type peuvent grimper jusqu’à 40 000 €, voire plus de 60 000 €. Et les tarifs des aides, eux, n’ont pas été revisités. Alors certains renoncent, s’interdisent certains aménagement coûteux ou se tournent vers le financement participatif. Et ça marche. Mais il faudrait que les gens fassent d’abord appel aux prestations légales, sinon, on risque de tuer les droits des personnes handicapées. Une voiture adaptée vient redonner un peu d’autonomie à la personne handicapée, elle n’est plus tributaire des transports en commun. Et dans le cas de Martin, qui est fragile du fait de sa trachéotomie, c’est aussi une sécurité de ne pas avoir à attendre un bus dehors.

 

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