Ils sont si jeunes et pourtant sont déjà des jeunes aidants avec de lourdes responsabilités. Qui sont ces jeunes en France qui se retrouvent à devoir s’occuper d’un proche malade ou handicapé ? Pourquoi sont-ils si peu reconnus ? Vers quelle association peuvent-ils se tourner ?

Bien qu’ils soient beaucoup plus nombreux qu’on ne l’imagine, les jeunes aidants, mineurs ou jeunes adultes, ont peu de visibilité dans les médias et pour les pouvoirs publics parmi les 11 millions de personnes qui aident un proche en France.

Pour autant, ils tendent à faire davantage parler d’eux ces dernières années. Déjà parce que les aidants en général bénéficient d’une couverture médiatique et d’une considération supérieure. Et parce que les études se sont multipliées.

Qui sont ces jeunes aidants ?

Ce qui mène à de telles situations ? Pas de règles mais souvent une situation complexe et malheureuse. La mère, célibataire, qui a besoin de l’aide de son aîné.e après le décès ou le départ du père, des parents  trop occupés qui laissent à l’enfant le soin de s’occuper des grands-parents… Ces jeunes effectuent des tâches diversifiées pour soutenir un proche : mobilité, aide aux repas, compagnie, soutien émotionnel, etc. Selon les études et les statiques, l’âge des plus jeunes aidants pris en compte varie : « à partir de 15 ans », voire moins, « mineurs », « moins de 25 ans »…

Pourquoi en entend-on si peu parler ?

Ces jeunes sont très peu visibles, et peu connus. Aujourd’hui, encore, les professionnels de santé peinent à trouver comment identifier les jeunes aidants et ne savent pas comment les soutenir. Comme si cette situation n’était pas dans l’ordre des choses. En effet, comme l’explique Gwénaëlle Thual  dans Les Cahiers du CCAS  de juin 2019, un profil-type de l’aidant s’est dessiné au fil du temps : une femme de plus de 50 ans, très éloigné de ces aidants jeunes, plus rares et moins reconnus. Dans ces situations dites inversées, la famille est exposée à un sentiment de honte et de culpabilité face à cette situation. Sans compter sur la menace du placement du jeune mineur qui pèse dans ces cas-là.

Quel est le résultat de cette exclusion ?

La plupart des aides mises en place pour les aidants n’est pas pensée pour les jeunes majeurs.  Le congé de proche aidant, par exemple, n’est pas adapté à la personne qui suit des études. Et la situation des jeunes mineurs est encore moins envisagée, si bien qu’ils sont exclus des dispositifs. Pourtant, les demandes d’aides auxquelles ils devraient pouvoir prétendre sont nombreuses : aides financières, lutte contre la précarité, soutien et accompagnement dans les gestes du quotidien, les démarches administratives… Il faudrait qu’ils puissent par exemple bénéficier de manière plus systématique à un aménagement d’emploi du temps à l’école ou dans le supérieur. Des associations et groupes de recherches sont là pour les soutenir.

Le coin des ressources : les aides et les soutiens

Les sites internet d’associations

L’organisme dédié au soutien d’aidants jeunes a lancé le dispositif pilote « ateliers cinéma-répit JADE » en 2014. En 2018, l’Association nationale a obtenu l’appui de la Caisse nationale de solidarité pour l’autonomie (CNSA) pour accompagner la mise en œuvre de dispositifs JADE dans d’autres régions.

Des exemples d’intervention et de recherches dédiés aux jeunes aidants

  • Les premiers séjours à destination des jeunes aidants, développés par l’Association toulousaine Oustal Mariposa en région Occitanie.

Les jeunes de 7 à 16 ans partent 2 fois 5 jours dans le Lot pour réaliser des films. En parallèle de ces films, les jeunes ont proposé de créer JADE Radio pour témoigner de ce qu’ils vivaient chez eux. Les premiers séjours ont eu lieu début 2019, et le dispositif a été reconduit pour 2020 !

  • Les premiers séjours de la plateforme Seltzer de répit et d’accompagnement des aidants de la Fondation Seltzer, à destination de jeunes aidants dans la région PACA.

Une expérience pilote pour les 12-18 ans lancée à Embrun en 2019 conçue comme une avancée sociale pour les jeunes aidants à reproduire pour d’autres adolescents.

Un projet créé en 2017 qui a pour but de développer la recherche sur les jeunes aidants en France, soit d’identifier les jeunes aidants, de caractériser leurs difficultés, d’étudier la vulnérabilité et les facteurs protecteurs associés à l’aidance. Il compte notamment létude Adocare auprès de lycéens. Une enquête pour favoriser le développement d’interventions pour aider les jeunes adolescents.

  • Campagne d’affichage dans les abribus en 2018, du collectif Je t'aide

Une campagne dans le but de sortir les aidants de l’invisibilité.

Avec Klesia et JADE (Jeunes AiDants Ensemble), #09, juin 2019

Avec par exemple un cycle sur la photographie en janvier/février 2020. (sebastien.coraboeuf@aidants.fr, 01 45 48 65 67)

Les aides et dispositifs pour tous les aidants

  • Les associations d’aidant en France :

 

  • Les pages Facebook dédiées aux aidants en France :

Et comment ça se passe à l’étranger ?

Les aides de jeunes aidants à l’international :

Exemples de pratiques en matière d’accompagnement des jeunes aidants

  • Le Royaume-Uni a mis en place une législation spécifique reconnaissant les jeunes aidants.
  • En Australie, des jeunes aidants peuvent être accompagnés dans leurs études via une bourse, « Young carer Bursary » (www.youngcarersnetwork.com.au)

 

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