Vous accompagnez un proche qui aimerait plus d’indépendance ou d’une alternative aux centres spécialisés ? L’accueil familial peut être une solution pour qu’il vive dans un environnement affectif et sécurisant. Ou simplement pour vous garantir de courts temps de répit avec la sérénité de le savoir bien accompagné. Explications… 

Qu'est-ce que l’accueil familial ?

Le terme bien connu de famille d’accueil concerne les mineurs et jeunes majeurs dans le cadre de la protection sociale. Sur le même principe, l’accueil familial s’adresse aux personnes adultes vulnérables, pour la plupart aux personnes âgées ou personnes en situation de handicap. Ce dispositif existe depuis 1989 et il est réglementé par le Code de l’action sociale et des familles. À temps complet ou partiel (par exemple, uniquement le week-end), la personne accueillie est insérée dans la vie d’une famille.

Quel est l’objectif de l'accueil familial ?

L’objectif du dispositif de l’accueil familial des personnes âgées et handicapées est que la personne vulnérable se retrouve dans un environnement familier. Le soutien médico-social au quotidien est aussi maintenu de la même façon qu’au préalable. L’accueilli pourra poursuivre ou développer des activités sociales et professionnelles. Il s’agit donc d’une alternative plus souple et plus individualisée à un accueil en centre spécialisé. Chaque accueillant familial élabore un projet de vie avec la personne ou son représentant légal qui détermine les liens souhaités entre l’accueillant, l’accueilli et les proches. Il est souvent recommandé de privilégier une proximité géographique entre lieu de vie d’origine et accueil familial pour conserver au mieux les liens construits avec l’entourage.

Vers qui se tourner pour trouver un accueillant familial ?

Le conseil départemental est le point d’entrée principal pour qu’un proche puisse bénéficier de l’accueil familial. Il vous délivrera notamment une liste de personnes agréées. Pour vous aider à trouver l’accueillant familial agrée qui correspond le mieux à votre sensibilité, le conseil départemental peut aussi vous proposer un tiers régulateur. Il pourra faire le bilan des besoins puis vous mettre en relation avec les accueillants les plus pertinents. Cette personne peut rester une référence tout au long du dispositif avec un appui technique, un suivi et d’éventuelles médiations lors de litiges. Pour une personne en situation de handicap, la MDPH peut aussi délivrer une orientation vers un accueillant familial.

D’autres structures sauront vous apporter de précieux conseils et informations sur l’accueil familial :

- Famidac : Association des accueillants familiaux et de leurs partenaires ;

- FNAAF : Fédération nationale des aidants et accueillants familiaux. 

L'accueil des personnes âgées et handicapées rapproche
L'accueil familial permet une insertion dans la vie d'une famille © iStock

Comment financer le coût de l’accueil familial ?

À temps complet ou partiel, la réussite de l’accueil familial dépend surtout du projet de vie construit entre accueillant, accueilli et proches. L’importance des premiers échanges et d’une vision commune bienveillante sont donc indispensables. Même lorsque tout coïncide, un autre frein peut exister : le coût de l’accueil familial. Pour un temps complet, il peut s’échelonner de 1 400 à 2 000 euros, selon le degré d’autonomie de la personne.

La rémunération de l'accueillant familial comprend :

-un loyer pour la mise à disposition des pièces ;

-un salaire ;

-des frais de services et d’entretien.

Pour faire face aux dépenses, vous pouvez solliciter les aides sociales du conseil départemental et l’aide personnalisé au logement (CAF). L’accueil familial est donc bien considéré comme un lieu de vie à part entière. Selon les cas, d’autres aides peuvent aussi être obtenues :

- allocation personnalisée d’autonomie à domicile (APA) ;

- aide sociale à l’hébergement (ASH) ;

- prestation de compensation du handicap (MDPH) ;

- allocation adulte handicapé (AAH).

Un dispositif d’accueil familial encadré pour rassurer les proches ?

Une procédure stricte de sélection entoure l’agrément délivré à un accueillant familial. Il l’est soit par les services du conseil départemental, soit par un établissement de santé après le dépôt d’un dossier et une enquête sociale. Dans le contrat de droit privé passé entre l’accueillant et l’accueilli (ou son représentant légal), plusieurs points offrent des garanties :

- le recours immédiat à une personne « remplaçante » compétente en cas d’absence imprévue de l’accueillant ;

- les visites régulières des services ayant délivré l’agrément pour contrôler le lieu et vérifier le suivi médico-social de l’accueilli ;

- la formation reçue par les accueillants tout au long de leur exercice professionnel.

Autre élément rassurant, l’accueillant familial dispose toujours d’une expérience professionnelle ou personnelle dans la prise en charge de personnes vulnérables.