Le choix d’un lit médicalisé est essentiel au bien-être et à la sécurité de la personne dépendante comme de ceux qui l’aident au quotidien. S’il revient la plupart du temps à des professionnels, il peut aussi nécessiter votre implication…

 

En théorie, si votre parent a été hospitalisé, l’ergothérapeute du centre hospitalier pourra se rendre à son domicile (ou au vôtre) pour vérifier qu’il peut retourner y vivre dans de bonnes conditions, ou s’il faut faire des aménagements (escaliers, portes, salle de bains…). C’est lui aussi qui choisira un lit médicalisé.

Sauf que… Ce n’est pas toujours le cas : il n’y pas toujours de spécialiste disponible. « Il m’est arrivé d’avoir des patients renvoyés à leur domicile sans qu’il n’y ait eu de visite, sans lit médicalisé, sans aménagement de la douche », explique Lise Galtat-Couturieux, ergothérapeute libérale spécialisée dans l’aménagement du domicile.

Comment faire pour choisir un lit médicalisé à domicile ?

Ce n’est pas un luxe et il est essentiel de s’en occuper, d’autant que la plupart des modèles sont remboursés par la Sécurité sociale ! « Bien souvent, les aidants oublient leur propre bien-être et leur sécurité, et ne voient que la complexité des aides techniques », pointe Lise Galtat-Couturieux, alors que sans lit médicalisé, et parfois sans lève-personne, on augmente les risques : non seulement de chute de la personne âgée, mais aussi les problèmes de dos pour celui qui l’aide à se relever tous les jours !

 

Un bon matelas a aussi son importance © Istock

En complément, pensez au lève-personne !

En général les lits médicalisés ne s’achètent pas, ils se louent auprès d’un revendeur de matériel médical (le remboursement n’est pas complet pour l’achat). Le modèle de base est réglable en hauteur, permet de relever le dossier et aussi le pied du lit, au niveau de la pliure du genou.

Il faut souvent en plus un lève-personne, pour les personnes handicapées moteur ou atteintes de pathologies lourdes. « Ceux qui souffrent d’une maladie de Parkinson ont souvent du mal à se mettre en route le matin, à réveiller leur corps », rajoute Lise Galtat-Couturieux.

Si vous passez par un service d’aide à domicile (SSIAD), ils s’occuperont de la réservation du lit, les auxiliaires de vie étant formées à leur utilisation.

Si vous n’en avez pas les moyens – ou êtes sur liste d’attente pour obtenir les services d’un SSIAD agréé par la Sécurité sociale –, « allez plutôt voir un vendeur de matériel médical, spécialisé, que le pharmacien de votre quartier », conseille l’ergothérapeute. Ce dernier risque de n’avoir qu’une offre incomplète et de ne pas être formé.

Le choix du matelas du lit médicalisé

Il faut aussi un matelas spécial qui, lui, s’achète. La plupart aussi sont remboursés, notamment le modèle de base de classe 1, en matière visco-élastique, avec légère mémoire de forme, « qui limite les points d’appui du corps et donc les escarres », explique Lise Galtat-Couturieux. Selon les pathologies, la version améliorée (classe 2) du matelas à air, qui fait régulièrement varier la pression sur les différentes parties du matelas, peut aussi être remboursée. En raison des risques de crevaison, « les matelas à eau ne sont presque plus employés », complète Lise Galtat-Couturieux.

Un diagnostic ergothérapique à domicile

« Certains revendeurs ne sont pas très scrupuleux. Comme les lits médicalisés sont loués, ils essaient de les faire tourner au maximum et ne vérifient pas forcément l’état du moteur ou la fixation des barres de sécurité », avertit Lise Galtat-Couturieux. D’où l’intérêt de faire venir un ergothérapeute, habitué à travailler avec les revendeurs. Un diagnostic ergothérapique à domicile, qui comprend la visite, un compte-rendu et l’établissement, si nécessaire, de plans pour les gros aménagements, « coûte environ 250 euros ». Il n’est pas remboursé par la Sécurité sociale mais peut l’être par certaines mutuelles.

 

Ressources :

- Le Portail national d’information pour l’autonomie des personnes âgées et l’accompagnement de leurs proches

- Les Centres d'information et de conseils en aides techniques (CICAT), associations à but non lucratif, peuvent vous aider à choisir du matériel adapté.

- Quelques sites commerciaux pour se faire une idée des modèles disponibles avant d’aller voir un revendeur de matériel médical : Identités, Tousergo