On a beau avoir un traitement, un suivi de kinésithérapie, un accompagnement psychologique pour mieux accepter son handicap et les douleurs qui l’accompagnent, parfois ça ne suffit pas. Dans la quête de soulagement : les massages, source de bien-être.

Le mot massage est associé tantôt au bien-être, tantôt à la manipulation de kinésithérapie. Ici, c’est bien du massage détente dont il s’agit.

Massage kiné VS massage détente

Laurent Torres, masseur-kinésithérapeute, président de Bien-être kiné, association de masseurs kinésithérapeutes professionnels, prévient : « Le sujet est très sensible. Pour être masseur et prodiguer un massage, il faut être diplômé d’Etat, inscrit au Conseil de l’ordre des masseurs kinésithérapeutes, conformément à la législation française. Les esthéticiennes qui peuvent pratiquer le modelage sont une exception. Le risque dans ce genre de pratique sans cadre juridique est de tomber sur des personnes malveillantes, des sectes… Et le danger est décuplé pour les personnes fragiles, malades, vieillissantes et les bébés. On confie son corps, on se met à nu, il n’a plus la barrière vestimentaire, ce qui rend d’autant plus vulnérable ».

Mises en garde de la pratique du massage

Comment s’en sortir au milieu des pratiques non réglementées et ne pas prendre un risque ? Il existe quelques signaux d’alerte pour repérer un praticien malhonnête ou mal intentionné. Monique Martinet, neuropsychiatre et experte/conseiller scientifique, dresse avec nous cette liste de mises en garde. « En partant avec ces principes, en général, on limite grandement le risque de mauvaises surprises », explique-t-elle.

Un type de massages thérapeutiques ?

Malgré toutes les allégations des diverses pratiques de bien-être, un massage détente musculaire ne peut s’apparenter à une thérapie au sens propre. Elle peut améliorer en revanche le bien-être global de la personne qui en bénéficie. En outre, en cas de rééducation ou de prise de médicaments, le massage ne doit pas empiéter sur le suivi médical initial. Ce genre de pratiques ne peut remplacer, et encore moins s’apparenter, à un accompagnement médical, mais il peut le compléter.

Comment choisir son masseur ?

Avant de se tourner vers un « masseur », il est toujours bon de s’assurer qu’il s’agisse bien d’un professionnel, au moins reconnu par sa profession, car si cette typologie de massage n’est toujours pas encadrée par la loi française, elle nécessite souvent des formations et des compétences spécifiques.

« Le plus important, au-delà de la technique en elle-même ? Que le professionnel sache ce que ça veut dire toucher l’autre et ce que cela peut engendrer chez lui au niveau psychoaffectif et physique », précise Monique Martinet.

Les mises en garde externes

Certaines pratiques sont souvent épinglées par la Miviludes (Mission interministérielle de vigilance et de lutte contre les dérives sectaires). « Ce n’est pas parce qu’il y a cette mise en alerte que les pratiques non encadrées ou codées par le corps médical sont dangereuses, explique Monique Martinet, mais cela dépend de quand elles sont prodiguées et par qui ».

Le rapport à l’argent

La vigilance est de mise quand la somme demandée pour une séance est exorbitante. Et aussi sur le long terme, si le praticien parle d’un nombre de séances déroutant. En effet, bon nombre de pratiques, comme la technique Bowen ou le massage aux pierres, ne nécessite pas un suivi très étalé dans le temps pour sentir une amélioration. Au contraire, bien souvent, les bienfaits doivent être ressentis rapidement, voire dès le premier massage !

La promesse d’une guérison utopique

Les promesses de bienfaits miraculeux et de rétablissement « comme par magie » sont douteux. Avant de se lancer dans un suivi prolongé, Monique Martinet suggère d’établir une grille d’auto-évaluation avant/pendant, afin de savoir ce que cela vous a apporté concrètement à mi-chemin.

La situation adéquate

Prudence selon nous si la pratique du massage ne nécessite pas d’être en sous-vêtement et que le praticien le demande, ou plus encore s’il demande d’ôter ses sous-vêtements. Mieux vaut prendre ses distances si vous n’avez pas de réponse claire du praticien sur ses exigences.

Demander de l’aide extérieure

Pour plus de sécurité, il ne faut pas hésiter à laisser le médecin superviser, précise Monique Martinet. Il peut prendre contact avec le praticien en question pour comprendre ce qu’il propose. « Si c’est une personne saine, elle saura expliquer en détail ses étapes de travail et démontrer que ce n’est pas dangereux », explique la neuropsychiatre.

Les massages, une aide à la communication

En plus de détendre musculairement la personne, de la reconnecter à son corps en le stimulant, le massage joue un rôle relationnel. Le contact établit pendant le massage une certaine forme de communication via un accompagnement corporel mais aussi psychologique.

Le massage peut restaurer ou maintenir la communication. En particulier si l’on est limité dans ses gestes et paroles. Débarrassé de tout rituel thérapeutique, le massage brise l’isolement et modifie les échanges entre soignants et soigné. Ce qui remet un peu d’humanité dans son rapport avec l’extérieur. C’est pourquoi les qualités relationnelles du praticien sont essentielles.

Quelques types de massages, soins et modelages associés

Une liste des différents massages avec les bienfaits détaillés selon sa pathologie :

 

En savoir plus sur les massages :

 

 

À lire aussi sur massages et handicap :