Chat, lapin, chien pour personne Alzheimer… Les animaux ont droit de cité dans les structures d'accueil Alzheimer. La médiation animale apporte un réel mieux-être, et peut jouer le rôle de thérapie non médicamenteuse. Et à domicile, ça aide ? Oui, à certaines conditions !

La médiation animale, c’est quoi ?

S’aider des animaux comme une sorte d’assistant thérapeutique pour viser le mieux-être de la personne fragile : c’est l’objectif de la médiation animale, encore appelée zoothérapie. Découverte aux États-Unis dans les années 50, celle-ci a pour but « le maintien et le développement de l’autonomie physique, cognitive, psychologique et socio-affective, selon l’association de médiation animale Umanima. Elle procure une grande variété de stimulations grâce à l’intervention de l’animal, capable de réciprocité et d’affection. »

Alzheimer et animaux de compagnie, un bon mariage

Aujourd’hui, dans les institutions, l’intervention d’animaux fait partie des nombreuses médecines alternatives et complémentaires proposées aux personnes âgées atteintes de maladie d’Alzheimer. L’animal est reconnu comme un vrai partenaire de soins, qui participe à la qualité de vie des patients. Les bienfaits de la médiation animale sont nombreux :

  • Réduction du stress, grâce la présence réconfortante de l’animal
  • Lutte contre la perte de mémoire émotionnelle. Par le toucher (caresses), les gestes (promener un chien, soigner un lapin, nourrir un poisson), la personne se reconnecte avec des gestes de son passé et avec ses émotions, qui ne sont pas altérées par la maladie d’Alzheimer. Cela permet de stimuler la mémoire toute entière.
  • Apaisement relationnel : la personne malade ne se sent pas jugée par l’animal. Lorsque l’on souffre d’une maladie qui dégrade ses capacités intellectuelles, cette présence qui ne met pas « en échec » est un vrai réconfort.
  • Estime de soi : s’occuper d’un animal fait passer du statut de « soigné » à celui de « soignant », la personne malade d'Alzheimer regagne un rôle valorisant.
  • Travail de la motricité fine : caresser, donner à manger sont autant de prétextes pour travailler des gestuelles qui deviennent complexes. Soit une séance psychomotricité Alzheimer l’air de rien.
  • Stimuler l’appétit, un bienfait démontré par une étude menée dans une structure spécialisée Alzheimer aux États-Unis.

Confier un animal, c’est possible ?

Dans ce cas, on ne parlera pas de « médiation animale », car celle-ci nécessite la présence d’un thérapeute professionnel dont l’animal n’est que l’auxiliaire. Mais les bienfaits d’une présence animale ne sont pas perdus pour autant ! Tout apport d’un animal est bienfaisant : s’en occuper petit est valorisant, stimulant et c’est également une présence réconfortante si l’on se sent seul.

Attention à quelques points néanmoins. La première condition est évidemment que le maître et l’animal s’entendent bien. Pas question d’imposer une bébête à quelqu’un qui a toujours détesté chien ou chat, et la maladie ne va pas soudainement changer cela.

La deuxième condition est de s’adapter au stade d’évolution de la maladie d’Alzheimer et de se poser les bonnes questions au moment de choisir l’animal. La personne sera-t-elle capable de le promener s’il s’agit d’un chien, de penser à lui donner à manger ?

Quel animal choisir ?

On pense systématiquement au chien pour personne Alzheimer quand on parle de médiation animale (notamment aux « stars », les labradors et goldens retrievers, dont le bon caractère fait des partenaires idéaux comme les chiens d’assistance de Handi’chiens). Pourtant, toute présence animale est positive pour stimuler la personne malade.

Avec une personne très angoissée ou aux humeurs changeantes, il faudra certainement éviter chats et chiens qui sont de véritables « éponges » à émotions et qui pourront s’épuiser rapidement. Pensez aussi aux rongeurs, petits oiseaux ou encore aux poissons d’aquarium dont les vertus apaisantes ne sont plus à démontrer.

À lire aussi sur Hizy :

Maladie d’Alzheimer et petits-enfants : comment communiquer ?

Alzheimer : aider son proche avec les thérapies alternatives

Maladie d'Alzheimer chez les jeunes : rare, mais possible

Accompagner un proche malade d’Alzheimer : les ressources sélectionnées

Les aides financières et humaines pour un proche Alzheimer

Témoignage aidant Alzheimer : quand les deux parents sont malades