Maintenir un air sain dans le logement est essentiel pour les personnes atteintes de broncho-pneumopathie chronique obstructive, d’asthme, de cancer du poumon ou d’autres cancers provoquant essoufflement et/ou difficulté à respirer. Le point sur les sources de pollution de l’air intérieur, à identifier pour ne pas aggraver sa maladie.

L’air intérieur plus pollué que l'air extérieur

Souvent plus pollué que l’extérieur, l’air intérieur est devenu un enjeu de santé publique. La question s’avère particulièrement délicate s’agissant des personnes les plus fragiles – en l’occurrence les personnes souffrant déjà de problèmes respiratoires (allergie, asthme, broncho-pneumopathie chronique obstructive, cancer du poumon, mucoviscidose, entre autres exemples). « Toutes les affections du poumon entraînent une prédisposition aux difficultés respiratoires, fonction de l’environnement et du logement, explique Christophe Marcot, interne en pneumologie au Nouvel hôpital civil de Strasbourg.

Mais on peut imaginer que d’autres pathologies soient concernées, dès lors qu’elles augmentent le risque d’infection pulmonaire. Une patiente atteinte d’un cancer du sein avait ainsi du mal à respirer, non en raison d’une cause extérieure, mais parce que ses cellules cancéreuses s’étaient déplacées. Les patients suivis pour une maladie chronique devraient aussi pouvoir porter une attention particulière à la qualité de l'air, extérieur et intérieur. » L’anémie, qui est l’un des symptômes d’une leucémie, peut également être à l’origine d’un problème respiratoire.

Quel contrôle de la qualité de l’air intérieur ?

Pour aider les personnes malades, très sensibles à l’air ambiant, à identifier les sources de pollution dans les logements, le professeur Frédéric de Blay, responsable du service d’allergologie, d’asthmologie et de pathologie respiratoire de l’environnement au CHRU de Strasbourg, a créé en 1991 une profession encore peu connue : conseiller.ère médical.e en environnement intérieur (CMEI). Sur prescription médicale, ces spécialistes effectuent des visites à domicile afin d’y détecter la présence d’allergènes et de polluants.

Après évaluation du logement et des habitudes de vie des habitants, ils adressent leurs recommandations afin de réduire l’exposition aux polluants et, partant, les symptômes des patients.

Mauvaise qualité de l’air intérieur : peut mieux faire !

Comment améliorer la qualité de l'air intérieur ? Hizy vous détaille quelques-unes des principales sources de pollution de l’air intérieur et vous donne quelques astuces pour assainir son intérieur.

Une VMC défaillante

« On recherche systématiquement s’il y a des moisissures, détaille Martine Ott, conseillère médicale en environnement intérieur rattachée au laboratoire d’allergologie du Nouvel hôpital civil de Strasbourg. Elles peuvent être liées à un manque d’aération, à une VMC (ventilation mécanique contrôlée) fonctionnant mal, à la condensation dans une salle de bain sans fenêtre, à un problème d’infiltration du toit ou de remontées capillaires depuis des fondations insuffisamment étanches… Il arrive souvent que les gens ne voient pas que leur VMC fonctionne mal. C’est le parent pauvre du logement. »

En conclusion, ne bouchez pas les bouches d’extraction sous prétexte qu’il y a des courants d’air et nettoyez-les régulièrement.

La condensation

Plus un air est chaud, plus il peut contenir de la vapeur d’eau. Par conséquent, surtout si vous n’avez pas de système de ventilation, aérez tous les jours et par tous les temps – même en hiver ou en cas de pluie car l’humidité de l’air intérieur reste plus importante que celle de l’extérieur. « On recommande de le faire deux fois quinze minutes chaque jour (matin et soir) et davantage dans le cas d’une activité particulière, comme du linge qui sèche, pour renouveler l’air. » 

Des recommandations à adapter au lieu où l’on se trouve : si votre logement donne sur une rue où la circulation est dense, aérez de l’autre côté, ou à une autre heure. S’il l’air est chargé de pollen, faites-le tôt le matin ou tard le soir, quand les grains sont moins présents.

Le chauffage

« Plus on chauffe, plus les moisissures et les acariens prolifèrent », avertit Martine Ott. Visez 19 à 21°C dans les pièces principales et environ 18°C dans la chambre à coucher. Si vous avez un chauffage type poêle à bois ou à pétrole, délétère pour la santé, veillez à ne l’utiliser que sur une petite durée et à ventiler la pièce.

Quant au chauffage électrique, mieux vaut ne pas l’éteindre lorsque vous sortez : le rallumer à votre retour vous coûtera plus cher et il y a un risque de condensation puisque les murs, entre-temps, se seront refroidis. Baisser vos radiateurs de quelques degrés vous sera donc, à tout point de vue, plus bénéfique.

Le mobilier et les matériaux de construction et de décoration

Attention aux meubles que vous installez chez vous. Si vous les choisissez neufs, laissez-les s’aérer une quinzaine de jour dans une pièce où vous vous rendez rarement (un garage est idéal) : ils peuvent être chargés de composés organiques volatils (COV), des substances irritantes voire cancérigènes qu’il est nécessaire de laisser s’évaporer avant d’offrir au meuble sa place définitive au sein du logement. Soyez également vigilant en cas d’achat d’occasion : les COV se seront peut-être envolés au fil des années, mais avec le canapé dégoté chez un particulier, vous rachèterez aussi les allergènes qui vont avec – acariens ou squames animales notamment. Vous prévoyez du bricolage ou de la peinture ? Optez pour des matériaux de construction et de décoration bénéficiant d’un étiquetage environnemental A+, moins chargés en COV.

Les produits agressifs

Là encore, lisez les étiquettes et bannissez autant que possible les produits dangereux, repérables par leurs pictogrammes CLP. Et oubliez les sprays ménagers comme les désinfectants : « Supprimer les bactéries ne sert à rien et n’est même pas conseillé, rappelle Martine Ott. Les allergies sont en augmentation car, l’environnement se trouvant de plus en plus aseptisé, notre système immunitaire n’est pas stimulé. » Même les cafards s’habituent aux litres d’aérosol déversés sur eux.

Concernant les meubles, évitez de les traiter ou de les peindre lorsqu’il fait chaud et humide, certains solvants se dégageant davantage à température élevée. Mieux, laissez quelqu’un d’autre manipuler les produits en question et attendez que l’odeur soit partie pour réintégrer la pièce.

 Les odeurs, bonnes ou mauvaises 

Il est important, lorsque l’on souffre de difficultés respiratoires, de ne pas rester dans les vapeurs. En effet, la combustion produit des COV et présente des risques cancérogènes :

  • fumée provenant de la cuisson du repas 
  • bougies, 
  • papier d’Arménie,
  • encens,
  • huiles essentielles

Et évidemment, la fumée de cigarette est à proscrire.

Attention au radon

Naturellement émis par la terre, le radon est un gaz radioactif responsable de cancers du poumon. On le trouve principalement en Auvergne, dans le Limousin, en Franche-Comté, en Corse et en Bretagne, où il s’infiltre dans les habitations depuis les sous-sols. Comme il est inodore, on le repère difficilement, mais chacun peut faire le test grâce à un instrument de mesure appelé dosimètre.

 

En savoir plus sur air intérieur et santé

 

A lire aussi sur air intérieur et santé