Repas spéciaux, alimentations particulières, régimes sans sel, sans fibres, sans sucres, troubles digestifs graves, allergies sévères… C’est parfois un casse-tête de garder la chaleur des repas en famille. Et si la solution passait par… la cuisine ?

« La convivialité des repas, ce n’est pas que des nutriments et des calories, c’est aussi de l’affectif, quelque chose que l’on transmet », rappelle Dominique-Adèle Cassuto, médecin nutritionniste à l’hôpital de la Pitié-Salpêtrière (Paris). Pour continuer à manger ensemble, il faut réfléchir d’abord à la manière dont on prépare le repas ! Dans la plupart des cas, le plus simple est d’adapter la cuisine aux besoins du malade.

Les aliments à éviter ou à préférer

Ces besoins, en cas de maladie ou de trouble grave, doivent être établis avec l’aide d’un médecin-nutritionniste ou un diététicien. Sauf allergie grave ou « dans des phases de maladie aiguë, avec par exemple un régime hyposodé strict (presque pas de sel), il n’y a pas de règles inamovibles pour l’alimentation », affirme Dominique-Adèle Cassuto. Elle recommande au contraire, comme le font de plus en plus de médecins et de diététiciens, de dresser une liste d’aliments à éviter et à préférer. C’est ainsi qu’on peut élaborer des recettes, en fonction des goûts, qui conviennent à tout le monde ! « Pourquoi pas élaborer à deux les menus de la semaine, et même, en fonction de la situation bien sûr, faire les courses ensemble ? », suggère la nutritionniste. En faisant le marché, en privilégiant les ingrédients de saison, vous pourrez ainsi sortir d’une routine contraignante !

Alimentation pour les allergies

Certaines sont plus graves que d’autres : « Pour les cacahuètes, même une très petite dose peut provoquer l'allergie alimentaire, donc il faut faire très attention en cuisinant », explique Dominique-Adèle Cassuto. Il faut éviter au maximum les produits transformés et examiner soigneusement les étiquettes et les mentions « peut contenir… ». Les noix et fruits à coques n’entrent pas dans la même famille d’allergènes que les arachides mais sont à éviter car ils peuvent en contenir des traces, s’ils sont transformés dans le même atelier de production.

Enfin, il faut se préparer au pire en se formant à l’utilisation du stylo injecteurs d’adrénaline, employées en cas de choc anaphylactique (Anapen, Épipen, Jext Pen). 

Alimentation en cas de cancer et gastrectomies

Un malade traité en radio ou chimiothérapie peut éprouver des nausées, une transformation du goût, une perte d’appétit. Là encore, chaque cas est particulier. Le site Vite fait bienfaits, fondé par Philippe Pouillart, docteur en immuno-pharmacologie, regorge de trucs et astuces, et de recettes élaborées par des patients experts, adaptées aux malades du cancer, mais qui peuvent servir pour d’autres maladies ou handicaps.

Il est conseillé de manière générale de fractionner les repas. Ce qui laisse la possibilité de faire des repas en famille ; il suffit au malade de moins manger et de faire des collations entre deux. Le même principe s’applique suite à une ablation partielle ou totale de l’estomac (gastrectomie) pour un cancer, qui peut nécessiter la prise de compléments alimentaires.

Alimentation pour troubles digestifs graves

Les malades coeliaques, qui doivent totalement supprimer le gluten de leur alimentation, bénéficient de la vogue du sans gluten qui met à portée nombre d’aliments et préparations adaptées. Lorsqu’on prescrit un régime alimentaire spécial (par exemple de la maladie de Crohn) ce n’est pas pour soigner la maladie mais atténuer les symptômes : diarrhées, douleurs au ventre, etc. Le régime alimentaire varie donc en fonction des phases : crises aiguës ou rémission. Il est important de continuer à se faire plaisir ! Certaines plantes peuvent apaiser les troubles digestifs comme les crampes et les brûlures.

Enfin, en cas de troubles de la déglutition ou autres nécessitant de mixer les aliments on peut travailler sur la couleur, la présentation des plats pour les rendre plus appétissants.

Alimentation en cas de diabète

Pour les diabétiques de type 1 (insulinodépendants), « il n’y a pas vraiment de raison à modifier fortement le régime alimentaire, si ce n’est de comptabiliser les glucides », rappelle Dominique-Adèle Cassuto, tandis que les non-insulinodépendants doivent surtout surveiller leur poids et donc privilégier une alimentation riche en légumes et pas trop grasse ou trop sucrée… Comme l’ensemble de la population !

Pour en savoir plus sur les recettes diabétiques

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