Les établissements de soins de suite et de réadaptation (SSR), communément appelés maisons de convalescence, viennent s’insérer entre le séjour à l’hôpital et le retour à la maison. Ils font obligatoirement l’objet d’une prescription médicale.

Soins de suite : de quoi parle-t-on ? 

L’activité des établissements SSR a été codifiée par le décret 2008-377 du 17 avril 2008. Le Code de la santé publique dit que : « l'activité de soins de suite et de réadaptation mentionnée a pour objet de prévenir ou de réduire les conséquences fonctionnelles, physiques, cognitives, psychologiques ou sociales des déficiences et des limitations de capacité des patients et de promouvoir leur réadaptation et leur réinsertion. » Le décret précise qu’il n’existe qu’une seule activité SSR, divisée en neuf spécialités (système locomoteur, nerveux, affections respiratoires, etc.). Ces établissements peuvent être publics, privés, ou organisés par des associations à but non lucratif.

Le soin de la personne après la pathologie 

Comme l’explique Annaïg Durand, référente SSR au sein de l’Agence régionale de santé Île-de-France, « on a coutume de dire, pour simplifier, que les hôpitaux soignent une pathologie, alors que les établissements SSR soignent ensuite la personne ». A la différence de l’hôpital, l’établissement SSR est très largement pluridisciplinaire. Il s’y trouve naturellement des médecins, mais surtout du personnel paramédical – kiné, ergo, psychologues, etc. Avant un séjour en établissement de soins de suite, vont être définis, explique Annaïg Durand, « les enjeux de vie » qui vont entrer en ligne de compte pour la réinsertion d’un patient et son retour à la maison. Par exemple : faut-il une rééducation fonctionnelle ? une réinsertion professionnelle ? 

Un séjour en établissement pris en charge financièrement 

La décision d’un séjour en établissement SSR ne dépend pas du patient mais du médecin : elle doit obligatoirement faire l’objet d’une prescription médicale. « Dans la plupart des cas, il s’agit de patient qui sortent de l’hôpital, mais il peut aussi y avoir des admissions directes. Dans tous les cas, on ne peut accéder aux SSR que si le diagnostic est connu et posé. » Si la prescription est acceptée par l’Assurance maladie, le séjour est ensuite remboursé par l’Assurance maladie de la même façon qu’un séjour en hôpital classique, avec prise en charge éventuelle, selon les mutuelles, du forfait hospitalier et des options de confort.

Les établissements publics et ceux dépendant d’associations à but non lucratif sont financés par les ARS.

Est-on certain de trouver de la place en établissement SSR ? La situation semble assez variable d’une région à l’autre. En Île-de-France, « il n’y a pas de problématique de capacité », selon Annaïg Durand. La région compte 215 établissements de ce type. 

Séjour en établissement SSR : un droit ? 

On ne s’en étonnera pas : l’Assurance maladie peut se montrer assez tatillonne, pour des raisons d’économies.  Elle cherche notamment à mettre en avant, lorsque c’est possible, son programme Prado (programme d’accompagnement au retour à domicile) plutôt que le séjour en établissement SSR : dans ce cas, les soins d’un kiné et/ou d’un infirmier sont pris en charge à domicile. Tout dépend en fait du bénéfice attendu,  dans la mesure où la prescription d’établissement de soins de suite est fondée sur un projet de soins. Lorsque c’est possible, les hôpitaux sont encouragés par l’Assurance maladie à réduire les prescriptions SSR et préférer le retour au domicile. Le critère retenu est le caractère essentiel, ou pas, de la pluridisciplinarité. Si celle-ci est jugée essentielle pour la réadaptation du patient, l’Assurance maladie validera le séjour en établissement SSR.

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